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Avouons-le : nous nous sentons forts. Ce n’est pas de l’autosatisfaction, c’est de la stratégie : sur plusieurs fronts, nous avons remporté des victoires importantes, et nous en sommes fiers. Bien sûr, ces victoires ne sont pas des points finaux – elles inaugurent au contraire de nouvelles batailles. Mais elles témoignent d’un nouvel état des forces, que nous saurons exploiter.

Première victoire : l’alignement de Bernard Kouchner sur nos positions en matière de prophylaxie. Depuis le 12 août, l’accès à des trithérapie en cas d’exposition au VIH n’est plus réservé au seul personnel médical, ni au seul risque de contamination par le sang. Il faut maintenant prévenir et combattre les discriminations de rechange qui se profilent : en pratique, les critères d’octroi des traitements prophylactiques risquent fort d’être des critères moraux. Nous ne l’accepterons pas. Seconde victoire : l’Europride. Jamais la communauté n’a été aussi forte, et nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à le sentir : la vigueur inédite des réactions homophobes qui se sont répandues dans la presse est la preuve de notre puissance de terreur. Cette puissance, il faudra l’utiliser. Pas pour réclamer niaisement « qu’on nous rende nos boîtes de nuit », mais pour obtenir des droits adéquats à nos pratiques – des couples reconnus, des drogues légalisées, etc.
Troisième victoire : celle de la gauche le 1er juin. Cette victoire, nous l’avons désirée et nous y avons contribué. Puisqu’elle nous appartient, nous ne laisserons pas Lionel Jospin nous en déposséder. Le renvoi du CUS aux calendes grecques, la non abrogation des lois Pasqua-Debré ne sont ni d’odieuses trahisons, ni des échecs irrémédiables : ils ne font que nous rappeler que la gauche officielle est une droite réelle quand les rues sont vides. A nous de les remplir.

 

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