Répression de la politique de substitution : Non contente de s’acharner sur les usagers de  » drogues « , la justice s’en prend aux médecins

Un médecin généraliste de Nemours a été placée sous contrôle judiciaire par un juge d'instruction de Fontainebleau pour " facilitation de l'usage de produits stupéfiants (Subutex®) ".

Par |2023-11-24T16:18:24+01:00lundi 5 juillet 1999|Catégories : Archives|Mots-clés : , , |

Kouchner mentait

Pendant deux ans, Bernard Kouchner aura servi de caution humanitaire et progressiste à un gouvernement trop « pragmatique » pour écouter les malades. En promettant beaucoup, il entretenait l'illusion que Lionel Jospin, Martine Aubry ou Dominique Strauss-Kahn se souciaient des questions de santé publique ; en ne faisant rien, il révélait son impuissance et les véritables priorités du gouvernement : les impératifs budgétaires. Ce rôle d'alibi, Bernard Kouchner l'a joué avec trop d'enthousiasme pour que l'on puisse vraiment lui pardonner.

Le bannissement intérieur

Aujourd'hui, en France, des séropositifs étrangers sont totalement privés de droits. Cela s'appelle « l'assignation à résidence ». C'est un aménagement à la double peine, présenté comme une mesure de clémence, qui frappe d'expulsion les justiciables étrangers à l'issue de leur condamnation. Condamnation qui peut leur avoir été infligée suite à un refus d'embarquement lors d'une expulsion, ou dans un cadre pénal, pour infraction à la législation sur les stupéfiants, par exemple. Inexpulsables du fait de leur pathologie, ces ex-détenus malades étrangers sont sous le coup d'interdictions du territoire pouvant aller jusqu'à dix ans, prononcées par les cours de justice qui les ont jugés, et sont alors, suivant l'article 28 de l'Ordonnance de 1945, assignés à résidence. Il est alors interdit au malade de sortir d'une circonscription administrative donnée, une ville, un département ou une région. Celui-ci est tenu de pointer régulièrement auprès de la police ou de la gendarmerie, sous peine de retourner en prison. Seule une autorisation exceptionnelle du ministre de l'Intérieur ou du préfet peut lui permettre de sortir de ce territoire. Impossible de choisir son médecin, son service hospitalier ou une association de soutien en dehors de ces limites. Impossible de rendre visite à des proches, d'accompagner ses enfants à l'école ou de consulter un avocat si l'on doit pour cela franchir les limites de l'assignation. Un simple contrôle dans le métro peut ramener le malade en prison.

Par |2023-11-24T16:18:24+01:00jeudi 1 juillet 1999|Catégories : Archives|Mots-clés : , , |

Epidémiologie : l’anonymat nominatif

Act Up-Paris, comme d'autres associations de lutte contre le sida, demande depuis longtemps que l'épidémiologie cesse d'être l'outil de propagande d'un Etat pressé de faire passer l'épidémie pour maîtrisée. Entre autres urgences, pour permettre l'élargissement et l'affinement du champ d'observation de l'infection à VIH, l'intégration des personnes séropositives dans les données épidémiologiques s'impose - ne serait-ce que pour rendre définitivement clair que le recul relatif du nombre de décès ne peut être confondu avec la fin de l'épidémie.

Par |2023-11-24T16:18:24+01:00jeudi 1 juillet 1999|Catégories : Archives|Mots-clés : , , |
Aller en haut