Édito

Des déclassements COTOREP, une Couverture Médicale Universelle qui nous réduit l'accès aux soins, des réductions arbitraires de nos heures d'aide à domicile, aucune structure adaptée pour le retour au travail ... Nous, malades du sida, sommes chaque jour confrontés à d nouveaux problèmes de précaristion. Nous nous retrouvons de plus en plus dans des situations de non-droit intenables, soit parce que les pouvoirs publics nous retient e qu'ils nous acordaient, soit parce que les structures actuelles ne sont plus adaptées à nos besoins. C'est notamment le cas pour le logement.

Allègement thérapeutique : Durban, ou la revanche des captifs.

Paradoxe : si la conférence de Durban représente indéniablement un succès politique pour tous ceux qui se battent afin d'améliorer l'accès des malades du Sud aux traitements disponibles, elle marque aussi, au Nord, la fin d'une période d'avancée thérapeutique dont les trithérapies furent l'emblème. Plus personne ne peut ignorer, désormais, que des pays du Sud sont prêts à produire des traitements, massivement et à meilleur marché les laboratoires occidentaux en frémissent encore, et leurs maigres concessions en matière de prix, même si elles sont très loin du compte, n'en ont pas moins l'allure réjouissante d'une réaction de panique. Mais cette modification spectaculaire des rapports de force économiques au niveau international contraste avec la pauvreté des progrès de la recherche : l'autre leçon de Durban, c'est qu'il n'y a pas, aujourd'hui, de perspective alternative en matière pharmaceutique.

Edito

A la RéPI du 27 septembre dernier, qui portait sur " les virus résistants et les nouvelles contaminations ", j'ai eu la surprise de voir des têtes dans le public, que j'avais plutôt l'habitude de croiser dans le Marais et non pas dans le milieu sida. Mais voilà, leur présence s'expliquait : ils étaient devenus séropositifs. Face à cela, j'ai toujours eu un sentiment partagé qui mêle découragement et rage.

Edito

La rentrée est là et avec elle des intentions d'action. Les effets secondaires se multiplient et nous en avons assez d'être confronté à l'impuissance des médecins, à l'immobilisme des pouvoirs publics et au cynisme des laboratoires qui refusent d'admettre ces problèmes. Dans ce nouveau numéro, quelques-uns des effets secondaires très handicapants (ostéoporose, ostéonécrose, lymphomes, troubles de [...]

ni délinquants, ni malades

Le 17 juillet dernier, un juge d'instruction du tribunal de grande instance de Pontoise perquisitionnait un programme méthadone de Sarcelles, le centre Rivages, et saississait les dossiers médicaux de ses usagers, dans le cadre d'une enquête pour trafic de stupéfiant. Stupeur : un juge se permet de transgresser l'esprit de la loi de 1970, censée pourtant protéger des poursuites pénales les usagers qui choississent de suivre un traitement. Mais pire stupeur encore, à lire les journaux : eh bien oui, apprend-on, les juges sont habilités à saisir tout dossier médical, dès lors qu'ils enquêtent sur " un trafic de stupéfiants ". Autant dire - puisque dès lors qu'on est usager de drogues, on devient potentioellement trafiquant - qu'aucun dossier d'usager n'est à l'abri d'investigation judiciaires, ni dans un centre méthadone, ni nulle part ailleurs. Le texte qui suit a reçu le soutien des associations ASUD, le Tipi, Techno + et de l'Observatoire des Droits des Usagers. Publié dans Libération du 14 août, et diffusé par fax dans de nombreux centres méthadone, il a sucité plus d'une réaction de soutien. Aucun signe de vie en revanche, du côté des autorités sanitaires. Fin septembre, le centre Rivages n'avait toujours aucune nouvelle du secrétariat à la Santé, qui s'était pourtant engagé à recevoir son comité de soutien avant octobre. Affaire à suivre, évidemment.

Le Dr Van Damme confirme l’inefficacité et la toxicité du Nonoxynol 9

Le 12 juillet dernier, au cours de la session plénière de la Conférence Mondiale sur le sida à Durban, le Dr. Van Damme a annoncé les résultats de l'ensemble des essais ONUSIDA/Columbia Laboratoires menés en Afrique et en Thaïlande sur le Nonoxynol 9 (N9) dans l'indication de virucide en prévention de la transmission du VIH.

Durban est notre Seattle

Break the silence : le mot d'ordre officiel de la XIIe Conférence internationale sur le sida rappelle d'une manière un peu pathétique le Silence = Mort lancé par Act Up il y a presque quinze ans. Il n'y aurait donc rien de bien nouveau si cette conférence ne se tenait pour la première fois dans un pays africain. Ici, c'est moins le silence qu'il faut briser que la fatalité qui voudrait que 95% des malades soient privés des traitements existants, et le cynisme de laboratoires pharmaceutiques arcboutés sur leurs brevets et leurs bénéfices. Toutes les associations de malades du Sud comme du Nord le savent : c'est pour résister à la loi des laboratoires et imposer une autre politique qu'elles sont venues à Durban.

Par |2023-11-24T16:18:09+01:00jeudi 13 juillet 2000|Catégories : Archives|Mots-clés : , , , |
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