Edito
D'abord, il y a les sacs. Une fois de plus, les labos ont fait une OPA sur les conférenciers - 12 000 supports publicitaires à peu de frais. Le premier soir, on est rentré bardé d'autant de sacs qu'il y a de molécules en développement : la concurrence entre les laboratoires figurée par la guerre des besaces. A mi-parcours du marathon genevois, le sac Glaxo, tendance balnéaire, l'emporte haut la main sur tous les autres. Il faut dire que la sacoche officielle de la Conférence fait triste figure ; on la conservera tout au plus comme un trophée, en la rangeant auprès de celles de Berlin, de Yokohama ou de Vancouver. En attendant, on peut y glisser les mille cadeaux ringards des laboratoires - tapis de souris chez Roche, stylo tatoué de virus chez Boehringer. La palme à l'impayable porte-bouteille de Merck, revu depuis dans une soirée Dispatch - pour la gagner, il fallait avoir zéro faute à un questionnaire emphatique sur le Crixivan. Les plus opportunistes font ainsi le plein de gadgets inutiles, comme un jour de foire du trône. Pour calmer ses ardeurs, on a repéré les balles anti-stress de Nasba Diagnostics. On regrette qu'aucun labo n'ait eu l'idée du couteau suisse.