l’insécurité des minorités
Dans un entretien accordé au Monde le 30 mai 2002, Nicolas Sarkozy, nouveau ministre de l'Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, déclarait «Je n'ai pas été nommé pour commenter le phénomène mais pour faire reculer la violence et rendre aux Français la première des libertés : la sécurité.» Reste à savoir de quelle sécurité il parle - probablement pas de la nôtre, physiquement et quotidiennement mise en danger par les arsenaux de lois et décrets qui nous pourchassent ou nous oublient depuis longtemps. Mise en danger aussi par la libération des idéologies répressives depuis le 21 avril ; par la chasse aux étrangers, la prohibition des stupéfiants, la violence de l'univers carcéral ; par l'insulte impunie, qu'elle soit raciste, sexiste ou homophobe ; par le mépris de l'urgence dans laquelle nous tenons le sida. La sécurité selon Sarkozy, ce n'est ni plus ni moins que notre insécurité. L'insécurité des minorités.