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échappement

Elle s’est faite, cette réunion des responsables des associations de lutte contre le sida. A l’ordre du jour : les personnes en échappement thérapeutique lourd, ceux sur lesquels les médicaments actuellement disponibles n’ont aucun effet ; leur charge virale augmente de manière incontrôlée tandis que leur immunité s’effondre, au point qu’ils développent un problème clinique (infection opportuniste, pathologie tumorale, cancer, cachexie). Nous avions annoncé dans notre précédent numéro que nous étions déterminés à faire quelque chose pour eux : cela a pris forme avec la réunion dans les locaux d’Act Up-Paris des principales associations de lutte contre le sida, le 28 avril : Actions Traitements, Act Up, Aides, Arcat, Nova Dona, Sida Info Service, Vaincre Le Sida, ainsi que le groupe interassociatif TRT-5. Plusieurs décisions ont été prises, concernant nos interlocuteurs, nos moyens d’actions et notre calendrier (voir le n° 61 d’Action) ; voici, en substance, ce qui s’est dit dans le domaine strictement thérapeutique. Parmi l’ensemble des molécules disponibles ailleurs qu’en France, que nous avons pu isoler grâce à une enquête du TRT5, quelques unes présentent un intérêt, aujourd’hui, pour les personnes lourdement prétraitées. Il y aurait, par exemple, le FddA du laboratoire US Bioscience ; il s’agit d’un inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse dont le développement a été ralenti du fait d’une toxicité cardiaque ; mais le FddA serait actif sur les souches résistantes à la ddI, la ddC, l’AZT, ainsi que sur les souches « multi-drug-resistant ». Il y aurait, ensuite, le PMPA, du laboratoire Gilead Sciences, un inhibiteur nucléotidique de la transcriptase inverse, actif contre toutes les souches virales résistantes aux analogues nucléosidiques, mais qui présente des problèmes de toxicité rénale ; la dose maximale tolérée a été déterminée et un essai de phase II recrute aux Etats Unis. Il y aurait, enfin, le Tipranavir du laboratoire Pharmacia & Upjohn, inhibiteur de la protéase efficace chez les personnes prétraitées. Molécules auxquelles on pourrait ajouter le T20 de Trimeris, le premier inhibiteur de fusion qui permet, à court terme mais sur une courte période, une baisse rapide de la réplication virale. Plusieurs nécessités vont conditionner l’accès à ces nouvelles molécules : l’utilisation systématique de tests de résistances phénotypiques, afin de sélectionner, en fonction de chaque malade, les molécules les plus efficaces, qui toutes devront être nouvelles pour lui ; la pratique des dosages plasmatiques et intracellulaires, afin d’évaluer la biodisponibilité et les problèmes éventuels de phosphorylation. De même, cet accès précoce à de nouveaux produits devra se faire dans le cadre d’une pharmaco-vigilance accrue quant aux effets indésirables. De nombreux rendez-vous vont donc être pris par le groupe des responsables d’association, avec les laboratoires pharmaceutiques sélectionnés, mais aussi l’Agence des Produits de Santé et l’Agence National de Recherche sur le Sida.

 

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