Edito
La gauche officielle ne gagnera pas les élections sans nous. Parce que nous sommes la gauche réelle. Nous sommes la gauche qui se bat et s'est toujours battue sur le terrain pour ses propres conditions de vie et pour celles de tous.
La gauche officielle ne gagnera pas les élections sans nous. Parce que nous sommes la gauche réelle. Nous sommes la gauche qui se bat et s'est toujours battue sur le terrain pour ses propres conditions de vie et pour celles de tous.
Dès la nomination du nouveau gouvernement, la commission Education nationale d'Act Up-Paris a adressé une demande de rendez-vous au ministre de l'Education nationale, M. François Bayrou. C'est son conseiller technique aux problèmes de santé, M. Crémadeills qui nous a reçus le 11 mai. L'entrevue a été un peu agitée dès son commencement car nous avons manifesté notre déception de n'être reçus par le ministre en personne à qui nous avions quelques mesures d'urgence à demander.
23 mai 1993, Simone Veil intervient à la télévision. Elle dispose d'une heure pour s'exprimer. Au détour d'une phrase, elle prononce cinq mots sur le sida en lançant ce lieu commun : « le sida, peste des temps modernes ». Pas un mot de plus. Simone Veil suit l'attitude de ses prédécesseurs : parler du sida comme si l'épidémie n'existait pas.
On nous parle d'espoir, trithérapies oblige, on veut faire de 1996 l'année de l'espoir pour les séropositifs et les malades du sida. Le sida serait devenu une maladie chronique, nous dit-on.
Cette année, à la conférence mondiale, environ un tiers des sessions étaient consacrées à la réduction des risques et aux usagèrEs de drogues, chose dont nous nous réjouissons encore. Pourtant, il était incompréhensible de voir dans le programme une seule et unique session sur la coinfection VIH-hépatites, quand on sait qu'elle concerne majoritairement des usagèrEs et ex-usagèrEs injecteurSEs de drogues.
Le dossier Education nationale d'Act Up-Paris travaille depuis plusieurs années sur les problèmes de prévention sida, d'accueil et de droits des malades, à destination des élèves, des enseignants et du personnel administratif de l'Education Nationale.
À l'issue d'une enquête effectuée en juin dernier par la Commission Education Nationale d'Act Up-Paris, il est apparu qu'aucun lycée parisien ne met actuellement de distributeur de préservatifs à la disposition de ses élèves.
Les déclarations homophobes du Pr Albert Germain et d'Edith Cresson, cet été, sont à remplacer dans le même contexte que la tentative de répression menée par le Sénat au printemps dernier. Elles sont symptomatiques d'un état dans lequel il n'existe plus de contrôle face aux tentatives bigotes des adversaires de la prévention et de la tolérance.
En 1991, l'un des problèmes majeurs que les associations de lutte contre le sida doivent affronter est celui du manque d'information. La France à pris un grave retard en matière de prévention parce qu'on a refusé d'adapter les exemples anglo-saxons qui, pourtant, nous ont précédé sur le plan médiatique. Nous avons toujours à créer, en France, une information mieux adaptée au besoins des homosexuels, bisexuels, toxicomanes, femmes et minorités ethniques.
A la fin du mois de juin 91 a eu lieu à Florence la VII° Conférence Internationale sur le sida. Un an après San Francisco, très peu de personnes vivant avec le virus VIH ont eu accès aux informations contenues dans les abstracts de la conférence médicale précédente. Plus que jamais, on sent le besoin, chez les séropositifs comme chez les malades, d'une plus grande clarté en ce qui concerne les traitements et l'avancée de la recherche. C'est pourquoi, pour ce premier numéro d'Action, nous avons essayé se synthétiser les dernières informations sur les protocoles d'essais en cours, en France comme à l'étranger.