La (vieille) garde du libéralisme financier
Il n’aura pas fallu longtemps à Christine Lagarde pour tenter de tuer dans l’œuf la proposition de taxe sur les transactions monétaires appelée de ses vœux par son collègue Bernard Kouchner, le 28 mai. En moins d’une journée et sans autre forme de procès que la dérision, elle a balayé d’un revers de la main cette proposition recommandée par ses propres services depuis des années. La version proposée par le ministre des Affaires étrangères vise à imposer une taxation de 0,005 % sur les transactions entre les principales monnaies internationales, afin de financer la réalisation des promesses internationales en santé. Les montants dégagés (entre 40 et 60 milliards d’euros annuels selon le nombre de monnaies incluses dans le dispositif), dépasseraient de très loin les contributions cumulées de chacun des Etats dans ce domaine à l’heure actuelle. Surtout, elles permettraient de couvrir la majorité des immenses besoins sanitaires des pays en développement, dont les populations meurent aujourd’hui dans l’indifférence quasi-générale, du sida ou d’autres maladies que l’on sait pourtant traiter.