À l’issue du second tour des élections municipales à Paris, Act Up-Paris prend acte des résultats et appelle Emmanuel Grégoire à transformer sans délai ses engagements de campagne en actes concrets.

Toute politique municipale digne de ce nom doit garantir l’effectivité des droits culturels, sociaux et de santé des personnes concernées par le VIH, des personnes LGBTQI+, des personnes migrantes et de l’ensemble des publics marginalisés. Ces droits ne sont pas accessoires : ils conditionnent l’accès aux soins, à la prévention, à l’information, à la dignité et à l’autonomie.

Il y a quelques semaines, nous rendions publiques une série d’exigences claires, construites à partir des besoins de terrain et des réalités vécues par les personnes concernées par le VIH et les discriminations systémiques. Ces revendications restent aujourd’hui pleinement d’actualité et doivent constituer une feuille de route prioritaire pour la mandature à venir.

Nous exigeons le respect des engagements pris pendant la campagne, notamment lors du rendez-vous du 25 février, en particulier celui de revoir en profondeur les partenariats entre la mairie et les associations. Cela implique d’écouter réellement les acteur·rices de terrain, de reconnaître leur expertise et de co-construire les politiques publiques avec elles et eux, plutôt que de les cantonner à un rôle d’exécutant·es.

Act Up-Paris appelle à poursuivre et renforcer les travaux engagés dans le cadre de Paris Sans Sida, qui ont permis des avancées significatives mais restent insuffisants face aux inégalités persistantes d’accès à la prévention et aux soins.

Nous rappelons également l’urgence de répondre aux besoins spécifiques des personnes vivant avec le VIH vieillissantes. Les vieux et vieilles séropositif·ves, trop souvent invisibilisé·es, font face à des enjeux croisés de précarité, d’isolement, de comorbidités et de discriminations, qui nécessitent des réponses politiques adaptées et ambitieuses.

La situation des personnes en parcours d’exil à Paris doit également être pleinement prise en compte. Les obstacles administratifs, la précarité matérielle, les conditions d’hébergement et les discriminations entravent gravement leur accès à la prévention, au dépistage et aux soins. Une politique municipale volontariste est indispensable pour garantir leurs droits effectifs.

Enfin, nous rappelons que toute politique de santé publique efficace doit prendre en compte la parole et les droits des travailleur·ses du sexe et des usager·es de drogues. Leur exclusion des dispositifs de décision et leur stigmatisation constituent des obstacles majeurs à la lutte contre l’épidémie.

Dans ce contexte, la question des moyens est centrale. Emmanuel Grégoire s’est engagé pendant la campagne à doubler les subventions aux associations LGBTQI+. Cet engagement doit être tenu a minima, et porté à la hauteur des besoins, notamment en atteignant un budget d’au moins un million d’euros par an. Dans un contexte d’effondrement des financements publics, ce doublement est indispensable pour garantir la continuité des actions de sensibilisation, d’accompagnement, d’information et de plaidoyer.

Au-delà de cette promesse, un renforcement structurel et durable des financements du secteur associatif et du médico-social est indispensable. Sans moyens à la hauteur, aucune politique publique ambitieuse à l’échelle locale ne pourra être mise en œuvre.

Act Up-Paris sera particulièrement vigilant quant à la mise en œuvre de ces engagements. Nous continuerons à interpeller la municipalité et à nous mobiliser pour que les politiques de santé à Paris soient à la hauteur des enjeux.