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Le SLAM est un mode de consommation de drogues injectables apparu récemment chez les gays avec l’émergence sur le marché, très accessible, de la mephédrone et de ses produits dérivés, comme le 4MEC (4-Methyl-N-Ethylcathinone)…

C’est dans le contexte de sex-party, dans le milieu pédé, à Paris comme en province, que cet usage a émergé. On en parle depuis 2011, et les médecins font le constat d’une nouvelle épidémie d’hépatite C de sous-types viraux différents qui se surajoute à la hausse de l’épidémie déjà constatée chez les gays depuis 2005 via une transmission sexuelle. L’épidémie se développe dans un milieu à forte prévalence au VIH. Or, la co-infection VIH/Hépatite C est aujourd’hui la première cause de décès chez les séropositifs au VIH et le traitement est particulièrement complexe, malgré de nombreuses molécules à l’essai.

Ce qui est décrit pour l’instant, ce sont des personnes bien insérées dans le milieu gay, peu précaires, qui commencent par associer sexe et injection, avant que cette dernière prenne une place centrale dans leurs pratiques, faisant disparaître l’intéret sexuel. Les usagers sont dépassés par leur consommation, et sont poussés à un repli sur soi et une désocialisation rapides (perte de notion du temps, d’emploi, perte du lien avec l’entourage, voire suicide). Arrivant rapidement, la dépendance est très forte, et la pratique inquiète notamment du fait du partage des seringues.

La difficulté dans ce phénomène, c’est qu’il se développe en dehors des circuits de prévention et d’accompagnement classiques pour usagers de drogues, créant ainsi un no man’s land entre des structures d’accompagnements des usagers de drogues qui ne connaissent pas les gays, et le milieu de la prévention pédé qui ne connait pas les drogues…

Malgré l’existence de groupes de travail sur la question et les alertes des médecins, les associations tardent à s’emparer de la question. Face à un problème réel et dont on commence à avoir des échos inquiétants, il est urgent que la communauté réagisse, ainsi que les pouvoirs publics.

Si vous rencontrez des difficultés liées à ces pratiques, vous pouvez d’ores-et-déjà vous adresser à des centres de santé sexuelle (notamment le 190), à des CAARUD pour mieux connaître les méthodes d’injections, à l’Unité de Traitement Ambulatoire des Maladies Addictives de l’Hôpital Beaujon à Clichy, aux associations de lutte contre le sida et les hépatites…

Nous appelons par ailleurs les services/centres de santé/associations présentes en province et susceptibles d’aider les personnes qui le souhaitent à se manifester au plus vite, nous relaierons ces informations. Cette page sera réactualisée régulièrement

Pour nous contacter, nous apporter vos informations ou témoignages:
vp[at]actupparis.org et prevention[at]actupparis.org

Lieux de référence pour une aide, une prise en charge ou des conseils de réduction des risques pour la pratique du SLAM :

Paris :
– le 190
– Unité de Traitement Ambulatoire des Maladies Addictives de l’Hôpital Beaujon à Clichy, Consultation spécifique le lundi matin
100, boulevard du Général-Leclerc
92110 CLICHY
Tél. 01 40 87 58 84 – 01 40 87 58 82
– Des consultations spécifiques ont été mises en place à l’Hôpital Tenon. Pour tout renseignement, appelez les numéros suivants :
01 56 01 74 25 et 01 56 01 74 24

Lyon :
– Association Keep Smiling, 5, rue Baraban (6e), permanence le vendredi de 17 à 21h, 04 72 60 92 66. Matériel de réduction des risques, accompagnement, possibilité d’envoi de matériel d’injection par voie postale.