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Ce matin, à l’occasion du 10ème forum économique international sur l’Afrique, des militantEs d’Act Up-Paris ont interrompu le discours de Christine Lagarde, ministre française de l’Économie, pour dénoncer sa complicité dans l’action de la France contre la production de médicaments génériques à bas prix.

GENERIQUES = VIE

La France s’est engagée en 2005 à l’accès universel aux traitements pour 2010. Aujourd’hui, moins d’un tiers seulement des personnes séropositives des pays en voie de développement ont accès aux traitements antirétroviraux. Les pays industrialisés refusent, pourtant, d’augmenter leur contribution financière à la lutte contre les trois grandes pandémies. Dans ce contexte, bloquer l’accès à des traitements antirétroviraux à bas prix est criminel.

ACTA = MORT

Entraver la production de médicaments génériques à bas prix, c’est pourtant ce que prévoit l’ACTA, accord sur la contrefaçon négocié depuis deux ans dans la plus grande opacité par les pays industrialisés, et quelques pays en développement (Mexique, Maroc, Singapour). En jouant notamment sur l’amalgame entre médicaments génériques et faux médicaments – ou sub-standard – cet accord entend renforcer le pouvoir donné aux douanes de garder à la frontière des stocks entiers de médicaments en provenance d’Inde et à destination de pays d’Afrique (où le brevet sur le médicament concerné n’est pas forcément enregistré contrairement à l’Union Européenne). Il s’agirait par ce biais de décourager la production de médicaments génériques en les renvoyant à l’expéditeur à ses frais. Au final, la conséquence dans les pays en développement est simple : des ruptures de traitements et des milliers de mortEs.

FTA = DEATH

De plus, des accords de libres échanges (FTA), qui viennent d’être bouclés entre l’Union Européenne et l’Inde, prévoient une augmentation de la durée de monopole des détenteurs de droits sur un médicament, soit une augmentation de la durée des brevets d’au moins 10 ans (trente ans au total) et du data exclusivity. Aujourd’hui, dans les pays pauvres, 92% des malades qui bénéficient de médicaments reçoivent des traitements antirétroviraux fabriqués en Inde (Cipla, Hetero, Rambaxy). Bloquer la production de génériques dans ce pays équivaut à priver des millions de personnes d’un accès à des traitements. Act Up-Paris demande à Christine Lagarde d’exprimer publiquement son opposition à ce que les médicaments soient concernés par les accords de libres échanges entre l’Inde et l’Union Européenne. Act Up-Paris exige toujours : – De la France et de l’UE, qu’ils renoncent immédiatement aux accords ACTA. – De la France, qu’elle augmente sa contribution au Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, premier bailleur de traitements anti-sida au monde.