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C’est pas nouveau, effectivement, mais la rentrée apporte son lot de mauvaises nouvelles pour les malades. En France il vaut mieux être blancHE, actifVE et avoir une bonne mutuelle pour être bien soignéE.

Après les consultations et les boîtes de médicaments (franchises médicales), ce sont donc les frais d’hospitalisation qui vont augmenter pour les assuréEs sociauxLES. Une « possible » hausse de 25 % . Le forfait passerait donc de 16 € à 20 € jour. Pour la ministre de la Santé, il s’agit de couvrir les « frais d’hôtellerie ». En tant que malades, nous savons combien il est déplaisant de séjourner à l’hôpital, que le service est loin dêtre un Ritz ou d’un Carlton et qu’en général on ne va pas à l’hôpital pour y passer des vacances. Alors que le nombre de lits d’hôpital se réduit, que les salariéEs du secteur hospitalier partant à la retraite ne sont pas remplacéEs, que les licenciements de ces derniers mois sont autant de ressources en moins pour l’Assurance Maladie, le gouvernement poursuit sa politique d’exonérations de cotisations patronales – pourtant principale cause du déficit de l’Assurance maladie. Le «secteur optionnel», permettant à divers spécialistes de pratiquer des dépassements d’honoraires pour les 3/4 de leurs actes, devrait voir le jour d’ici mi-octobre. Il promet de surcroît un système de santé encore plus inégalitaire. La politique de santé de Nicolas Sarkozy et de Roselyne Bachelot-Narquin est claire : c’est aux malades de payer, et plus on est malade, plus on paye. Se soigner en France devient un luxe auquel le plus grand nombre n’aura pas accès. Par ailleurs, en matière de santé publique envers les usagerEs de drogues, le gouvernement répond par la répression. Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux promet d’envoyer des bataillons de policierEs pour gérer les scènes ouvertes de consommation alors qu’un collectif d’association dont fait parti Act Up-Paris propose de mettre en place des salles adaptées. La répression n’est pas la solution. Elle aura pour conséquence un éloignement des usagerEs des dispositifs de soins et la recrudescence des contaminations VIH/VHC. Fin juin, nous avons convié le Président de la République à venir dans nos locaux pour lui exposer nos revendications et nous attendions de lui des engagements quant à la prise en charge des malades, l’accès aux soins, la prévention, l’accès aux traitements dans les pays du Sud… Il n’est pas venu, nous nous y attendions. Mais nous avons reçu un courrier qui montre bien tout le mépris que le locataire de l’Elysée a pour les malades. Dans ce courrier, il ne répond à aucune des questions qui lui était posées, et il nous fait savoir que finalement en France on n’a pas de quoi se plaindre ! Et bien si, nous nous plaignons ! Nous n’allons pas laisser la Sécurité sociale et l’ensemble de nos droits disparaître, et nous n’allons certainement pas nous contenter de cette réponse. Comme l’a dit la prix Nobel de médecine Françoise Barré Sinoussi lors de l’ouverture de la conférence de l’IAS* qui s’est tenue au Cap en Afrique du Sud fin juillet : « Le sida n’est pas en récession » A l’approche de l’échéance d’accès universel aux traitements en 2010 – objectifs auxquels se sont engagés les pays du G8 depuis 2005 – moins de 30 % des séropositifVEs à travers le monde ont accès à un traitement antirétroviral. Aujourd’hui, seule une accélération des moyens financiers et une pérennité des engagements pourrait permettre d’enrayer la pandémie de VIH/sida à travers le monde. Pourtant, loin d’être dans cette logique, les dirigeantEs des pays les plus riches, dont la France renoncent à leurs promesses. Il faut donc en déduire que pour Nicolas Sarkozy, la vie d’unE malade en France ne vaut pas grand chose, et que la vie d’unE malade dans un pays du Sud ne vaut rien du tout. Nous annonçons une semaine d’action mondiale du 2 au 8 novembre pour demander aux pays les plus riches de faire face à leurs responsabilités.

 

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