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Selon le Financial Times, le G8 s’apprête à revenir sur ses engagements pris au sommet de Glenneagles en 2005. L’accès universel aux traitements contre le sida ne serait plus garanti d’ici 2010, et l’augmentation de 25 milliards d’euros de l’aide au développement de l’Afrique ne serait plus assurée d’ici 2015.

Des conséquences désastreuses en termes de lutte contre le sida.

Aujourd’hui, 70 % des personnes vivant avec le VIH n’ont pas accès aux traitements qui sauveraient leurs vies. Le prix des médicaments, le sous-financement de l’accès aux traitements, le manque de moyens mis en place pour résoudre la crise des personnels en santé en Afrique : ce sont ces fléaux que le G8 s’était engagé à combattre en 2005, pour lutter enfin efficacement contre la pandémie de VIH/sida, qui tue chaque jour près de 8 000 personnes à travers le monde. En effet, le G8 s’était engagé à l’accès universel aux traitements d’ici 2010. Revenir sur ces engagements, reporter les échéances, ce serait encore admettre et accepter que 8000 personnes meurent quotidiennement, majoritairement dans les pays du Sud. Ce serait humainement et politiquement inacceptable, et cette éventualité nous met en colère.

Sarkozy, Kouchner, Woerth et Joyandet : les premiers coupables.

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la France n’a eu de cesse de revenir sur ses engagements en matière de santé. Ainsi, en décembre 2007, les associations ont dû se battre pour que la contribution française à la lutte contre le sida ne diminue pas, alors qu’elle est déjà très insuffisante. Il s’agissait alors d’une idée d’Eric Woerth, ministre du Budget. Plus récemment, le secrétaire d’Etat à la Coopération a officiellement placé la nouvelle politique de développement de la France sous le signe du cynisme et de la rentabilité : si la France donne à l’Afrique, il faut que cela rapporte à la France — et donc que les pays pauvres rapportent à la France — tel est le credo du gouvernement Sarkozy. Nous rappelons que depuis un an, la France a accordé un cadeau fiscal d’au moins 14 milliards d’euros aux plus riches.

Appel à une mobilisation internationale

En renonçant à tenir leurs engagements d’ici 2010, les dirigeants du G8 trahiraient une fois de plus les malades. Ce mercredi 2 juillet, Act Up-Paris rendra publics les numéros de téléphone, de fax et d’emails des responsables de l’Elysée, du Ministère des Affaires Etrangères et du Secrétariat d’Etat à la coopération. Nous invitons chaque citoyenNE et chaque association, en France, en Afrique et dans le monde, et notamment les associations de malades, à les contacter et à exiger de leur part la tenue des promesses de Gleneagles.

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