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Hier, à New York, dans le cadre de la réunion de haut niveau sur le VIH/sida se déroulant aux Nations Unies, des activistes d’Act Up-Paris ont participé à une action organisée à l’appel des associations de lutte contre le sida et de défense des droits humains, devant la mission de Thaïlande, 351 East 52nd Street. Les participantEs avaient apporté des centaines de seringues propres pour demander qu’elles soient distribuées en Thaïlande et pour interpeller le gouvernement thaïlandais sur son souhait de raviver la guerre aux usagerEs de drogues, mis en place par le gouvernement de Thaksin.

ZapThailandNYC090608_12.jpg – Extraits du communiqué de presse de Healthgap, New York, 9 Juin 2008 – LES ACTIVISTES SIDA EXIGENT QUE LES DROITS HUMAINS SOIENT RESPECTÉS Des activistes de la lutte contre le sida et de défense des droits humains se sont alarmés et sentis outragés par le projet du gouvernement thaïlandais de raviver sa guerre aux drogues. Les efforts de ce pays pour éradiquer les drogues, amorcé en 2003, incluaient des assassinats sans aucune forme de procès, la mise en place de « listes noires » des personnes suspectées comme étant usagers de drogues, et obliger par la force les usagers à mettre un terme à leur consommation usant de méthodes « d’un style militaire ». La facture s’est élevée à près de 3000 meurtres (…). Le gouvernement n’a voulu ni identifier, ni arrêter les coupables de ces meurtres. Cette campagne a indéniablement causé beaucoup de tort à la réputation des gens poursuivis, à leurs biens et à leur vie, et a sérieusement remis en cause l’accès des usagers de drogues aux services essentiels, vitaux, comme aux traitements VIH, aux informations de prévention (…) en les poussant à se retrancher dans la plus grande clandestinité. Hier, lundi 9 juin 2008, à New York, les usagerEs de drogues et leurs alliés se sont rassemblés devant la mission de Thaïlande, 351 East 52nd Street, apportant des centaines de seringues propres en exigeant qu’elles soient distribuées en Thaïlande. « Il est moins cher de fournir des seringues propres aux usagers de drogue en Thaïlande, que de payer les balles que la police utilise pour les tuer », a déclaré Paisan Suwannowong, de Thai AIDS Treatment Action Group (TTAG). « (…) Tuer les usagers de drogue, empêcher l’accès à des seringues propres, n’arrêtera pas l’usage de drogues. Refuser d’adopter des modèles de prévention du VIH/sida responsables tels que la réduction des risques n’empêchera pas l’usage de drogues, mais ils augmenteront tous les chances de contaminations par le VIH et causeront des morts par milliers », a déclaré Hiawatha Collins, membre du VOCAL-NY Drug Users Union. (…) Il est estimé que près de 50% des usagerEs de drogue en Thaïlande sont séropositifVEs. (…) « Vaincre le VIH en Thaïlande requière de toute évidence des interventions chez les usagers de drogues », a déclaré Paisan Suwannawong. « Nous avons besoin de toute urgence d’une vraie réponse – au lieu de cela, le gouvernement a engagé d’éradiquer les drogues en nous disant que nous devions nous attendre à encore plus de meurtres. Le premier ministre, Samak Sundaravej, nous a lui-même dit que les meurtres « extrajudiciaires » étaient « impossibles à éviter » dans la guerre contre la drogue. Ce genre de message est inacceptable et constitue, indéniablement, un véritable droit à tuer ». ZapThailandNY090608_43.jpg Act Up-Paris, rejoint Healthgap, TTAG et VOCAL-NY pour exiger que le gouvernement thaïlandais renonce immédiatement à cette politique et mette en place un programme effectif de réduction des risques. Act Up-Paris exige toujours du gouvernement français qu’il condamne officiellement cette politique et qu’un droit d’asile soit accordé d’urgence en France et au sein de l’Union Européenne aux ressortissantEs usagerEs de drogues thaïlandaisES.