Cohorte ANRS CO6 PRIMO, « Cohorte de primo infectés »

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Cohorte ANRS CO6 PRIMO, « Cohorte de primo infectés »2018-02-13T13:39:54+00:00

Déroulement de la cohorte : 2221 participants ont été inclus de 1996 à septembre 2017 dans 97 centres en France, inclusions toujours en cours. Le suivi est prévu jusqu’en 2020. Moyenne d’âge de 36 ans, 87% d’hommes et 13% de femmes. La moitié des participants est suivie depuis au moins 5 ans dont 23% ont dépassé 10 ans de suivi permettant ainsi les études à long terme. L’étude concerne des personnes en phase précoce de l’infection par le VIH. Le but de la cohorte est d’améliorer les connaissances sur la phase précoce de l’infection par le VIH, l’interaction entre le virus et le système immunitaire, l’évolution de l’infection sous traitement, les comportements sexuels et les actions de prévention.

Résultats récents de la cohorte : grâce au traitement précoce, dès la primo-infection, il est possible de réduire la taille du réservoir viral (ADN viral) de façon plus importante qu’avec un traitement initié en phase chronique d’infection.

Evolution des résultats des tests sérologiques VIH sous traitement antirétroviral : Les tests de dépistage rapide ne doivent pas être utilisés sous traitement pour « vérifier »  le statut VIH. Une négativation  des TROD a été observée chez 30 % des patients traités. Votre médecin pourrait vous donner des informations complémentaires si vous le souhaiter.

Dosage de la vitamine D au cours de la primo-infection par le VIH : Le manque de Vitamine D, fréquent dans la population générale européenne (40%) favorise le risque et/ou la sévérité de certaines maladies inflammatoires et infectieuses. Le dosage de la vitamine D a été effectué chez 143 participants de la cohorte. Une insuffisance a été constatée au moment de la primo-infection chez les personnes faiblement exposées au soleil comme dans la population générale, et ayant aussi un niveau bas de lymphocytes T CD4. En pratique la prescription de vitamine D est recommandée pour toutes personnes vivant avec le VIH et ceci dès le début de l’infection.

Comportements sexuels : La connaissance des comportements sexuels des PVVIH (personnes vivants avec le VIH) est très importante pour orienter la prévention de la transmission à leurs partenaires et limiter l’épidémie. Le risque de transmission du virus est extrêmement faible voire nul par des PVVIH traitées et ayant une charge virale indétectable. L’évolution des comportements sexuels des HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) a été étudiée en fonction de la charge virale. Il a été constaté une augmentation du nombre d’HSH ayant un partenaire stable, ce qui suggère une meilleure qualité de vie. Les comportements à risque augmentent aussi progressivement. Ces résultats confirment une diminution importante de l’usage du préservatif.

 

Autres études de la cohorte

Étude JASMIN : La cohorte s’intéresse  aux aspects directement liés au VIH à très long terme, les  premiers patients inclus  vivent avec le virus depuis plus de 20 ans. L’étude souhaite comparer la vie avec le VIH, dans des domaines socio-professionnels et de santé variés, avec des sujets non séropositifs. La participation à la cohorte  « Constances » de l’INSERM qui se déroule dans les centres d’examen de la CPAM de certains départements. L’objectif est de comparer l’état de santé  des PVVIH à la population générale et d’étudier l’impact de l’infection sur les fonctions cérébrales, la fragilité, la santé mentale et même le parcours professionnel.

Co-inclusion dans l’essai ANRS 169 OPTIPRIM 2 : La cohorte assure le suivi de personnes participant à des essais cliniques de nouveaux traitements ou de nouvelles associations thérapeutiques. Après l’essai 147 OPTIPRIM il est proposé aux participants de l’essai OPTIPRIM 2 de participer à la cohorte. Cet essai a pout but de comparer l’efficacité de 2 associations de traitement débutés en primo-infection sur le réservoir viral mesuré par le niveau d’ADN-VIH à 48 semaines.

Les  inhibiteurs d’intégrase en primo-infection : Ils représentent la classe la plus récente d’ARV  depuis les années 2006-10, avec une bonne tolérance et une efficacité  meilleure. Il sera important de comparer l’efficacité virologique de différentes trithérapies, avec ou sans inhibiteurs d’intégrase chez les patients de la cohorte et ceux inclus dans un suivi par le dossier médical informatisé NADIS utilisé par les médecins dans de nombreux centres hospitaliers.

Mesure du réservoir : il est important pour les recherches à venir de poursuivre l’étude  du réservoir viral dans la cohorte des personnes traitées au long terme et des facteurs qui contribuent à son maintien.

Traitement préventif « PREP » (prophylaxie pré-exposition) et primo-infection : Des études démontrent maintenant que l’infection par le VIH peut être prévenue grâce à la PREP. Il reste à suivre  l’évolution des patients ayant reçu une PREP  afin de savoir si elle est différente  de celle des patients n’en ayant pas reçu.

 

Les différentes études de la cohorte ANRS CO6 PRIMO permettent l’actualisation régulière des recommandations nationales, voire internationales et d’adapter le dépistage, le diagnostic, le traitement et le suivi des patients dès la primo-infection aux connaissances les plus récentes.

 

Pr Laurence Meyer, Pr Cécile Goujard, investigateurs coordonnateurs de la Cohorte CO6 PRIMO
Hôpital de Bicêtre, service de Santé Publique et de Médecine Interne.

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