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Act Up dans Le Monde

publié le 16 janvier 2002

Après notre zap phone/fax contre le Ministère des Affaires Etrangères et l’Elysée pour dénoncer le silence des autorités françaises après la décapitation de trois Saoudiens accusés d’homosexualité, Le Monde a publié l’article suivant :

Act Up exige une condamnation officielle de la décapitation des Saoudiens

Interrogé sur la position de la France par rapport à la décapitation de trois Saoudiens condamnés pour homosexualité le 1er janvier dans leur pays, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, François Rivasseau, a déclaré, mardi 15 janvier, lors d’une conférence de presse : « La France est opposée à la peine de mort pour quelque motif que ce soit et dans tous les pays. Cette opposition vaut naturellement dans le cas d’espèce. »

Malgré les limites du propos et l’extrême prudence de sa formulation, cette prise de position officielle n’en constitue pas moins une petite victoire pour Act Up-Paris qui s’est mobilisée, seule, pour tenter de lézarder un mur de silence qu’elle juge "assourdissant". Choquée par l’absence de réaction de l’Elysée et du gouvernement français, l’association, qui s’est donné pour but la défense des malades du sida et se bat contre les discriminations, a décidé de mettre ses talents d’"agitatrice" au service d’une cause diplomatico-humaniste.

Vendredi 11 janvier, une vingtaine de militants d’Act Up avaient aspergé de "faux sang" la façade de l’ambassade d’Arabie saoudite à Paris. Interpellés, ils ont été relâchés quatre heures plus tard.

Lundi 14 janvier, Act Up est passée à un autre genre d’exercice en montant une opération "zap phone/fax", consistant à "harceler" par téléphone et télécopieur le ministère des affaires étrangères et la présidence de la République.

Se répartissant les numéros des lignes directes des porte-parole et des conseillers techniques, les militants se sont relayés pour soutenir un feu roulant d’appels qui s’est assez vite heurté à la vigilance des secrétaires.

"Notre obstination a fini par payer, raconte Alain Bessaha, le vice-président d’Act Up-Paris. Une collaboratrice de M. Rivasseau nous a indiqué que lors du point presse il y aurait une réaction officielle. Par ailleurs, alors que la présidence nous avait opposé une fin de non-recevoir, Catherine Colonna, porte-parole de l’Elysée, m’a rappelé dans la soirée pour souligner que Jacques Chirac était opposé à la peine de mort et préciser que dans le domaine diplomatique, une probable déclaration du Quai d’Orsay pourrait suffire compte tenu de la concertation existant entre les deux pôles de l’exécutif. Elle a promis de nous informer des suites que le chef de l’Etat jugerait bon de donner à ce dossier après s’être renseigné sur les chefs d’inculpation visant les trois personnes décapitées." En observant que selon les autorités saoudiennes "les trois exécutions capitales ont été prononcées et exécutées dès lors que les trois condamnés ont été reconnus coupables de "sodomie, mariage entre eux et séduction de jeunes enfants"", M. Rivasseau a laissé percer la gêne que les autorités françaises pouvaient éprouver vis-à-vis d’une affaire susceptible de relever de la pédophilie.

Face à cette certitude — la décapitation au sabre de Ali Ben Hatan Ben Saad, Mohamed Ben Suleiman Ben Mohamed et Mohamed Ben Khalil Ben Abdallah —, le doute et le trouble subsistent sur les actes qui pouvaient leur être imputés et sur les conditions de leur jugement. En se félicitant d’avoir obtenu "sous la pression" ce qui ressemble à un "service minimum", les militants d’Act Up, réunis mardi soir, soulignaient que "l’Arabie saoudite, qui reconnaît avoir procédé en 2001 à 81 exécutions capitales en appliquant la charia (loi islamique), est un pays où l’obscurantisme et le fanatisme sont comparables à ceux du régime des talibans". Et ajoutaient : "se taire aujourd’hui revenait à le cautionner".

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