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Quand le Brésil utilise la déclaration de Doha

publié le mai 2007 dans Action 107

Le 04 mai 2007 le Brésil décidait, comme le stipulent les accords ADPIC de l’OMC, de promulguer par décret une licence obligatoire sur l’efavirenz, antirétroviral produit par le laboratoire Merck.

M. Temporoa, ministre de la Santé brésilien, a précisé que ce choix faisait suite à trois années de négociations infructueuses. Merck ayant tout d’abord proposé une baisse de 2 %, a fait une dernière « offre » de réduction de 30 % passant le prix du comprimé de 1,57 $ à 1,10 $, sauf que… le même comprimé est déjà commercialisé à 0,65 $ en Thaïlande.

C’est justement le prix demandé par le gouvernement brésilien lors du dernier ultimatum lançé à Merck il y a dix jours. Le laboratoire ayant refusé, le Brésil importera désormais des copies de l’efavirenz (Sustiva®) produites par trois laboratoires Indien au prix de 0,45 $ le comprimé, soit une baisse de 70 %. Cela permettra au programme national de lutte contre le sida (200 000 malades du sida accèdent gratuitement aux trithérapies) d’économiser 30 millions de dollars par an sur les 45 millions de dollars qu’il déboursait pour l’efavirenz.

L’annonce faite par le président Lula Da Silva est d’autant plus historique que ce bras de fer entre les laboratoires et le Brésil dure depuis plusieurs années. En 2001, Brasilia annonçait son intention de ne plus respecter le brevet sur le nelfinavir (Viracept®) fabriqué par Roche. La firme suisse avait alors consenti une baisse de prix de 40 %. Le même scénario s’est reproduit en 2005, le Brésil entendant cette fois recourir à une licence obligatoire pour le lopinavir/r (Kalétra®) sous monopole d’Abbott. En ces deux occasions le pays avait finalement cédé aux pressions et accepté la baisse des prix proposée par les laboratoires, baisse toujours insuffisante face aux prix des génériques. C’est avec beaucoup d’espoir qu’est accueillie la décision du gouvernement brésilien que le président Lula commente avec cet avertissement : « Cette décision vaut pour ce médicament, et d’autres si nécessaires, car, entre le commerce et la santé, nous choisissons la santé ».

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