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cotrimoxazole : La recherche publique américaine tente de falsifier les dernières recommandations de l’OMS.

publié le octobre 2000 dans Action 69

L’affaire est si crapuleuse que l’alerte a été donnée par les responsables de l’ONUSIDA, co-signataires de ces recommandations avec l’OMS, à tous les experts, responsables politiques et représentants des personnes atteintes par le VIH qui s’étaient réunis à Hararé en mars 99 pour les rédiger, dont deux membres d’Act Up-Paris.

Le CDC (Centers for Disease Control), était à l’origine chargé par l’OMS de compléter le texte des recommandations. Mais une lecture attentionnée du document final a provoqué le scandale : les critères pour bénéficier de ce traitement essentiel qui retarde l’apparition des premières maladies liées au VIH ont été gravement modifiés au passage !

Le cotrimoxazole est recommandé par l’OMS pour tous les séropositifs avant qu’ils ne tombent malades quand leurs défenses immunitaires tombent sous le seuil des 500 CD4. Après falsification, il leur faudrait attendre le seuil de 200 CD4, c’est à dire en Afrique, un stade très tardif avec un risque élevé d’infection opportuniste. Le CDC préfère traiter plutôt que prévenir. Les africains attendront d’être malades, et s’ils réchappent à leurs premières infections, ils pourront espérer accéder à cet antibiotique qui les protégera enfin pour un temps.

Les auteurs du forfait se sont également arrogé le droit d’imposer des pré-requis drastiques (systèmes de surveillance des résistances, de monitoring etc.) avant que les gouvernements africains puissent généraliser l’accès au cotrimoxazole. Ces exigences satisfont sans doute leur soif d’excellence et leur garantiraient sûrement la possibilité de poursuivre des recherches et de vendre leur expertise. Mais elles condamnent à la maladie et à la mort des milliers de personnes atteintes par le VIH.

Ce n’est que le énième scandale d’une longue série ; que faut-il encore faire pour que cet antibiotique de base, répandu partout en Afrique, efficace, peu coûteux et pratique soit systématiquement distribué à tous les séropositifs — et ce, le plus tôt possible ?

Les malades ne peuvent plus supporter de se battre sans cesse pour que des institutions de renom international cessent d’entraver l’accès des africains à un traitement aussi basique et essentiel — à l’heure où le reste du monde bénéficie de trithérapies.

Le CDC s’est ridiculisé, son attitude le disqualifie définitivement sur ce sujet. Nous ne voulons plus du CDC. Nous voulons du cotrimoxazole pour tous, partout, maintenant.

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