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Actions autour de l’évacuation d’un squat de tox.

publié le 1er octobre 2004 dans Action 95

Le 7 septembre dernier, un squat occupé par des centaines d’usagèrEs de drogues en grande précarité a été évacué par la police.

Cet entrepôt sordide était devenu un lieu de vie, de consommation et de deal pour une grande partie des usagèrEs de crack du Nord-Est parisien qui s’y étaient repliéEs après l’éparpillement des scènes ouvertes des quartiers voisins. L’évacuation menée (pour la première fois) en coordination avec des associations de réduction des risques s’est plutôt bien déroulée puisqu’elle n’a occasionné aucune violence et qu’elle a permis quelques relogements provisoires. Mais ceci ne doit pas masquer le fait qu’aucun dispositif durable n’est susceptible de proposer un accueil à ce public, et que la très grande majorité des occupantEs du squat se sont retrouvéEs à la rue. C’est pourquoi Act Up-Paris a pris la responsabilité d’avertir la presse (contre les recommandations des préfectures) et de manifester sa colère devant le squat au jour de l’évacuation. C’est encore à notre initiative qu’un communiqué commun a été émis par 7 associations de réduction des risques, 2 associations d’usagerEs (ASUD et nous) et 4 associations d’habitantEs des quartiers voisins. Cette parole commune a permis de mettre en avant la solidarité des acteurs et actrices devant la catastrophe sanitaire quotidienne que constitue le traitement de cette population et de relancer le débat sur deux points endormis par l’inertie gouvernementale :
- les carences en dispositifs d’hébergement d’urgence adaptés : 30 lits sur Paris pour plusieurs milliers de personnes en errance ;
- le concept largement développé par des pays voisins mais qui n’a jamais pu, en France, être sérieusement mis en débat : celui des espaces de consommation encadrée.

De nombreux organes de presse nationaux s’en sont fait l’écho et la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) s’est vue contrainte d’entamer un dialogue pour répondre à nos revendications. A suivre.

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