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antirétroviraux et variations hormonales

publié le 1er mai 2004 dans Protocoles 33

Plusieurs études ont montré un lien entre la prise d’antirétroviraux et la fluctuation de certaines hormones. Une étude espagnole a trouvé que les taux d’œstrogènes et de testostérone de 189 hommes vivant avec le VIH pouvait être modifié selon la prise de certains antirétroviraux. Plus précisément, les inhibiteurs de protéase (IP) auraient tendance à être associés à une augmentation du taux de testostérone, alors que les analogues non nucléosidiques (INNTI), notamment la névirapine, seraient plus souvent associés à une augmentation du taux d’œstrogènes. Cependant les limites de cette étude concernent le manque de données de l’influence éventuelle de facteurs comme les atteintes hépatiques, l’utilisation de stupéfiants ou de stéroïdes, lesquels peuvent influer sur le taux de testostérone.

Une autre étude anglaise a poussé plus loin les investigations, en mesurant les taux de testostérone et d’œstrogènes de 73 hommes séronégatifs et d’une centaine d’hommes séropositifs, sous traitement et non traités. A partir de certaines analyses sanguines les taux de testostérone et d’œstrogènes ont pu être déterminé et ont révélé que dans certains cas, les hommes qui prenaient des antirétroviraux avaient un taux d’œstrogènes supérieur à la normale et un taux de testostérone inférieur à la normale. Chez plus d’un tiers des hommes séropositifs non traités (les autres n’étant pas analysables), moins d’un tiers avaient un taux d’œstrogènes supérieur à la normale, et un taux de testostérone normal. Chez les hommes séropositifs sous traitement, la moyenne des taux d’œstrogènes était légèrement supérieure à la normale et cette valeur significativement plus élevée que celle observée chez les hommes séropositifs non traités. Seul un des participants (sur 32) présentait un taux de testostérone inférieur à la normale.

Trois des hommes sous traitement ayant un taux d’oestrogènes élevé ont mis fin à leur traitement et ont retrouvé un mois après un taux d’oestrogène normal. Pour quatre autres hommes non-traités, un mois après le commencement d’un traitement, leur taux d’œstrogènes est redevenu normal. Les multithérapies pourraient donc influer sur les taux d’hormones sexuelles chez les hommes, et plus précisément les IP et les INTI qui ont tendance à empêcher le foie de dégrader ces hormones.

On sait par ailleurs que les maladies du foie, et l’obésité peuvent influer sur le taux d’œstrogènes chez les hommes, les chercheurSEs de cette étude émettent l’hypothèse que l’accumulation de graisses au niveau abdominal pourrait influer sur le taux de testostérone. Cependant les lipodystrophies ne faisant pas partie des critères d’évaluation de l’essai, cette piste reste à approfondir.

Quand on sait que beaucoup d’hommes vivant avec le VIH, sont sujets à des dysfonctionnements sexuels, notamment une baisse de la libido et une difficulté à avoir et à maintenir une érection, on voit bien l’intérêt de ce genre d’étude. Mais une fois de plus et sans doute avec plus de véhémence encore vu le domaine d’application, nous ne pouvons que regretter que ce genre d’étude ne soient pas réalisées avec des femmes.

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