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Femmes et lipodystrophies

publié le 30 octobre 2003 dans Protocoles 30

Une équipe italienne vient de publier les résultats d’une étude croisée multicentrique, réunissant 2.258 personnes, dont 673 femmes (soit près de 30%) évaluant l’incidence des lipodystrophies chez des personnes séropositives.

L’étude s’est déroulée sur un mois et a recueilli des données cliniques (traitement, charge virale, CD4, infections opportunistes, arrêt de traitement, etc.) et démographiques (age, antécédents, etc.). Les changements de la forme de corps retenus ont été l’accumulation de graisse entre les épaules, autour du cou, sur tronc ; la perte de graisse au niveau des fesses, du visage, des bras et des membres inférieurs ; et l’apparition de lipomas (petites boules de graisses sous-cutanées). Les lipodystrophies ont été classées en 3 types de changements : type 1, perte de graisse (lipoatrophie), type 2, gain de graisse (lipohypertrophie) et type 3, perte et gain de graisse.

La durée totale de traitement était comparable entre les hommes et les femmes (près de 3 ans en moyenne), la d4T a été prise autant par les deux groupes et n’a pas été notée comme provoquant plus de troubles que les autres traitements, contrairement aux conclusions d’autres études. Au vu d’un calcul de risque, ajusté à l’âge, la sévérité de maladie, la charge virale, les CD4, la durée d’utilisation d’antirétroviraux, les types de combinaison des traitements et l’utilisation de d4T, les hommes de l’étude étaient susceptibles d’être davantage touchés par les lipodystrophies que les femmes. Ils étaient plus âgés, traités depuis plus longtemps et avaient développé plus de maladies sévères (des facteurs de risques reconnu dans d’autres études). Enfin, le taux de graisses corporelles varie selon le sexe, l’age, la corpulence des personnes, mais en moyenne, la proportion de masse graisseuse représente 15% chez les hommes de 15 à 30 ans, 25% chez les femmes du même âge, et 20% chez les hommes de plus de 40 ans, et jusqu’à 33% chez les femmes de la même tranche d’âge.

En réalité, l’étude a démontré que les femmes étaient plus touchées par ces effets. 10% de femmes naïves de traitement avaient eu une mauvaise répartition des graisses contre 7% d’hommes. Les lipodystrophies ont été confirmés pour 750 patients, dont 282 femmes (soit près de 38%). Les résultats montrent donc que les femmes ont un risque plus élevé que les hommes de développer des troubles de la répartition des graisses, malgré de moindres facteurs de risques. Par contre, les pertes de graisse pure sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes (12% versus 9,3%). Les changements de masses graisseuses des femmes se sont révélées complexes avec une accumulation importante de graisses au niveau des seins sans pour autant être accompagnées systématiquement de perte de graisse sur le reste du corps. Des explications pourraient venir si des études étaient enfin menées sur les mécanismes hormonaux.

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