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Inhibiteurs de protéase, diabète et femmes

publié le 10 mai 2003 dans Protocoles 28

Parmi les effets secondaires des inhibiteurs de protéase, la perturbation du métabolisme des glucides est souvent rapportée, aboutissant parfois à une hyperglycémie prolongée.

Dans un fonctionnement correct de l’organisme, le pancréas produit une hormone, l’insuline qui fait baisser le taux de sucre dans le sang. Chez certains, l’organisme résiste à l’effet de l’insuline. Celle-ci ne devenant pas assez efficace, le pancréas doit surproduire de l’insuline en plus grande quantité. Cette résistance insulinique épuise le pancréas et peut à terme provoquer le diabète.

Une recherche menée aux Etats Unis vient de mettre en évidence que les femmes séropositives sous inhibiteur de protéase couraient près de trois fois plus de risques de contracter un diabète que les femmes qui n’en prenaient pas. 1785 femmes séropositives ont participé à cette étude entre 1994 et 1998, avec une durée moyenne de participation de trois ans. Suivies tous les 6 mois, les données concernant leur traitement, leur état de santé, etc. ont ainsi été recueillies régulièrement. L’âge moyen des participantes est de 37 ans, 55 % d’entre elles sont noires, 30 % hispaniques, 27 % comptaient moins de 200 CD4 à l’inclusion et avaient une charge virale moyenne de 56000 copies. Les femmes utilisant des corticostéroïdes, de la pentamidine (Pentacarinat®), ayant des antécédents de diabète ou étant enceintes étaient exclues de l’étude, ces conditions pouvant contribuer à augmenter le risque de diabète.

69 cas de diabète ont été enregistré. Le risque de diabète est beaucoup plus élevé chez les femmes qui prennent des inhibiteurs de protéase (2,8%) que chez celles qui ne prennent que des nucléosides (1,2%) ou que chez celles qui ne sont pas séropositives (1,4%). D’autres facteurs semblent jouer un rôle important : le poids (les femmes obèses courent davantage de risques de développer un diabète que celles ne souffrant pas de problème de surpoids), et l’âge (le risque de diabète augmentant avec les années). Ainsi les analyses multivariées montrent que l’utilisation d’inhibiteur de protéase constitue un facteur de risque qui multiplie le risque d’apparition d’un diabète par 2,9, tandis que l’âge multiplie ce risque par 1,75 pour 10 ans, et que l’indice de masse corporelle le plus haut multiplie ce risque par 2,7.

Il est donc essentiel de procéder à des tests de dépistage du diabète chez les femmes les plus âgées et les plus lourdes qui suivent un traitement par inhibiteur de protéase, notamment chez celles qui utilisent cette classe de médicament depuis longtemps.

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