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Schering Plough

publié le novembre 1998 dans Action 57

Le vendredi 6 novembre 1998, 40 militants d’Act Up-Paris investissent l’usine de fabrication du laboratoire Schering Plough à Hérouville Saint Clair, dans la banlieue industrielle nord de Caen. L’accès en est interdit : les portes sont fermées avec des chaînes, l’entrée principale est cadenassée et ornée d’une banderole " Schering Plough nous tue", des militants se menottent aux grilles.

Très rapidement, le responsable du personnel contacte, à notre demande, le siège social de Schering Plough à Levallois Perret (Hauts-de-Seine) - dont les dirigeants refusent catégoriquement de nous recevoir depuis des mois, malgré nos demandes répétées. Le personnel de sécurité et les forces de police restent étrangement plus que bienveillants, mais les salariés sont prêts à tout pour aller travailler. Tentatives pour forcer le blocage des portes - quitte à nous écraser -, injures, quolibets et grandes déclarations sur la liberté du travail et le droit à l’emploi : la situation manque de s’envenimer, le blocage se réduit finalement à celui des voitures et des camions de livraisons. Les salariés exigent de rentrer,mais les livraisons et l’enlèvement des produits sont paralysés.

Ce zap frigorifié aura porté ses fruits : distribution massive de tracts à un personnel médusé (qui croit réellement fabriquer un produit salvateur et miraculeux), contacts fructueux avec les responsables syndicaux, interviews données aux médias présents (Libé, France 3, France 2, Ouest-France, AFP, Radio France). Un rendez-vous finit par être pris, sous la pression, avec le directeur médical de Schering Plough, le Dr Rimaillo, dont le ton jusque-là méprisant change subitement.

Ce rendez-vous au local d’Act Up-Paris, avec un interlocuteur sur la défensive et inquiet des informations que nous pouvions détenir et diffuser, nous a permis de formuler nos critiques et nos revendications. Le combat n’est pourtant pas fini. Nous resterons intransigeants face au cynisme commercial de Schering Plough, et à la désinvolture avec laquelle il met en jeu la santé de ses clients. Mais il s’agit de ne pas se méprendre : jamais Schering Plough n’aurait pu prendre le contrôle de la quasi-totalité du marché de la substitution, ni s’y comporter avec une telle légèreté, si l’Etat ne lui avait pas donné carte blanche. Plutôt que contrôler l’activité de ce secteur de l’industrie pharmaceutique, le Ministère de la Santé a préféré se débarrasser de la question de la substitution, en confiant le marché à un seul laboratoire et en acceptant la mise en circulation de molécules dont les effets secondaires et les interactions médicamenteuses ont à peine été étudiés.



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