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Loi Sarkozy : journée de la colère (2)

publié en ligne : 4 février 2003

Aujourd’hui, une vingtaine de militantEs d’Act Up-Paris occupe les locaux de la Fédération UMP de Paris pour protester contre la loi pour la sécurité intérieure de Nicolas Sarkozy, et en particulier les articles relatifs à la prostitution adoptés à l’Assemblée nationale.

L’article de loi n°18 réintroduit le racolage passif dans le droit français et fait du racolage un délit passible de deux mois d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende. Au nom de la sécurité publique, cette loi vise non seulement à faire disparaître la prostitution de rue, mais également à renvoyer chez elles les prostituéEs étrangèREs. Des mesures systématiques d’éloignement sont prévues à leur encontre par l’article 28, et la seule protection qu’on leur promet par les articles 29 et 29 bis relève d’un chantage inacceptable, puisqu’elle les oblige à la délation. En effet, l’octroi d’une Autorisation Provisoire de Séjour (de trois mois) est conditionné à la dénonciation des proxénètes et au dépôt d’une plainte, ainsi qu’à la sortie de la prostitution. Il en va de même pour les mesures d’hébergement sécurisé et d’activité professionnelle (qui ne sont rien d’autre qu’une réinsertion forcée).

D’autre part, la criminalisation des prostituéEs les condamne à la clandestinité et à la précarité. L’accès aux structures de santé et au travail de prévention et de soutien des associations est ainsi rendu plus difficile. De même, ces conditions les fragilisent dans la négociation du préservatif, face aux demandes de pratiques non protégées, et augmentent les risques d’agression. PourchasséEs, expulséEs ou incarcéréEs, dans tous les cas, l’accès aux soins et aux traitements leur deviendra impossible.

Si ces conséquences sont connues, c’est que les exactions policières à l’encontre des prostituéEs se sont généralisées et banalisées depuis l’arrivée de la droite au pouvoir. Contrôles d’identité incessants, insultes racistes et sexistes, gaz lacrymogène, confiscation de préservatifs et de traitements antirétroviraux, expulsions illégitimes, donnent un avant-goût alarmant des mesures adoptées par l’Assemblée nationale. Ces réalités répressives vont être entérinées par la loi Sarkozy. On peut dès lors s’attendre au pire quant aux abus des forces de l’ordre.

L’UMP n’a de cesse d’assimiler prostitution et propagation des MST, au mépris de la réalité historique, et pourtant se défend d’adopter une quelconque mesure de santé publique pour améliorer les conditions de vie et de travail des prostituéEs.

Les conséquences de cette loi en termes de contaminations par le VIH seront dramatiques. Vingt années de lutte contre le sida sont purement et simplement anéanties. Entre santé et répression, l’UMP a choisi : par cette loi, elle se rend responsable d’une propagation de l’épidémie et se fait la complice du sida.

Act Up-Paris exige :
- le retrait des articles 18, 28, 29 et 29 bis, et de la loi pour la sécurité intérieure dans son ensemble ;
- l’arrêt immédiat de la répression policière envers les prostituéEs ;
- la prise en compte des enjeux de santé publique dans les mesures relatives à la prostitution ;
- la reconnaissance de droits (santé, logement, travail, séjour, libre circulation) pour les prostituéEs ;
- l’octroi systématique et sans condition d’un titre de séjour pour les prostituéEs étrangèREs et les victimes de réseaux.

Contact presse : Alain Bessaha

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