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Pour le PS, PROSTITUTION = SIDA

publié en ligne : 23 janvier 2003

Dans Le Monde du 15 janvier 2003, trois députés PS, Danielle Bousquet, Christophe Caresche et Martine Lignières-Cassoux, répondent en ces termes à une tribune co-signée par Marcela Iacub, Catherine Millet et Catherine Robbe-Grillet :

" [L]es auteurs de "Ni coupables ni victimes : libres de se prostituer" semblent gravement méconnaître la réalité concrète et le quotidien de la prostitution, synonymes de violences, toxicomanie, sida… "

Ces propos nous révulsent. Cet amalgame entre prostitution et sida est inacceptable, parce qu’il reconduit la stigmatisation des prostituéEs comme vecteurs de contamination, fondée sur l’équation grossière entre prostituéEs et "groupe à risque". C’est de la part de ces auteurs qu’il y a une réelle méconnaissance de la mobilisation des prostituéEs, qui furent parmi les premières à s’engager activement dans la lutte contre l’épidémie, par la promotion de l’utilisation systématique du préservatif.

Pour l’avoir combattue, les minorités que nous sommes connaissons bien la notion de "groupe à risque" qui sous-tendait déjà le discours homophobe des années 80, et qui fait du séropositif, et ici des prostituéEs, un danger pour la santé publique. On notera d’ailleurs que le discours de droite d’un Sarkozy ou d’un Beaudoin (dans son projet de loi sur la prostitution motorisée) campe sur les mêmes positions. Force est de constater que dans certains domaines, le PS se comporte comme une filiale de l’UMP.

Non seulement aucune politique de santé publique n’est déduite des propos de ces trois députés PS, mais l’abolitionnisme qu’ils défendent, en enfermant les prostituéEs dans des zones de non-droit et en les condamnant à la clandestinité, fait le jeu de l’épidémie. C’est en particulier le cas des mesures de pénalisation du client, qui reposent de plus sur la même criminalisation de la prostitution que le projet de loi pour la sécurité intérieure de Nicolas Sarkozy.

Il est impératif que le PS renonce à sacrifier les prostituéEs et la santé publique à ses partis pris idéologiques. A l’heure où le projet de loi Sarkozy est en passe d’être voté, un tel aveuglement n’est rien d’autre que le signe supplémentaire d’une lâcheté complice et criminelle.

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