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Les prisonniers, c’est toujours du fric pour SODEXHO

publié en ligne : 20 juin 2001

Aujourd’hui, mercredi 20 juin 2001, une cinquantaine de militants ont investi l’embarcadère des Bateaux Parisiens (Paris), filiale de la Sodexho, pour protester contre l’exploitation par celle-ci des détenus en France et partout dans le monde.

La Sodexho est la cible d’une campagne internationale menée par des associations et des syndicats, parce qu’elle est représentative de ces entreprises qui se revendiquent citoyenne, pensant améliorer par leur intervention les conditions de vie des prisonniers.

Depuis la loi du 22 juin 1987 et au programme 13000, la SIGES (Société d’investissement et de gestion des services) filiale de la Sodexho, est investi dans 8 prisons en France dont 5 centres de détention, Argentan, Chateauroux, Chateaudun, Neuvic et Uzerche, et 3 maisons d’arrêt, Bois d’Arçy, Chartres et Nanterre. Elle y intervient pour des contrats allant de la restauration (sa spécialité dont le marché est évalué à 5,5 milliards d’euros) à la maintenance ou la sécurité en passant par le nettoyage, l’enseignement, le travail, la formation, le transport ou la santé... Elle fournit, également les produits cantinables par le biais de sa « boutique interne », à des prix exorbitants.

Elle propose aujourd’hui aux gouvernements des démocraties solvables des solutions globales ou la SIGES gère la construction, la sécurité et le financement de chaque établissement. C’est ainsi qu’elle a développé ses activités en Australie, en Grande Bretagne et aux États Unis ou la privatisation y est totale et le taux de sous traitance en augmentation (entre 10 à 18%). Elle ne cesse de mettre en avant sa gestion « exemplaire » de Forest Bank, prison moderne près de Manchester, son travail pour la réinsertion de ses détenus notamment au sein du FEED (Fond Européen pour l’Emploi des Délinquants), mais aussi l’ensemble des projets qu’elle mène en étroite collaboration avec les ministères de la justice des Pays Bas, d’Italie ou d’ailleurs.

Pour autant lorsqu’elle explique qu’elle forme et réinsère des détenus par le biais du travail, elle oublie juste de signaler que ces prisonniers ne signent aucun contrat de travail et sont rémunérés à la pièce ou de toute façon sans rapport avec un quelconque salaire minimum. Ainsi le « salaire » moyen d’un détenu en France oscille entre 800 et 1200 francs par mois.

La SIGES réalise aujourd’hui 1% du chiffre d’affaire du groupe Sodexho soit 49 millions d’euros mais elle estime le marché des 2500000 personnes incarcérés en occident à 45,6 milliards d’euros. Elle est présente dans chacune des étapes de l’incarcération d’un détenu à partir de sa condamnation : elle l’emploie, le nourrit, lui fournit les produits cantinables, le « soigne », le blanchit, le forme, le réinsère, le surveille...

Nous exigeons l’application du droit du travail en détention, un accès aux soins effectif et de qualité, le versement des minima sociaux en prison, l’ajustement des salaires sur le SMIC, la liberté d’expression, d’association, de syndicalisation et le rapprochement.

Nous continuerons nos actions sans relâche contre ces entreprises qui collaborent au système pénitentiaire et exploitent les détenus.

Communiqué de presse rédigé par Act Up-Paris, Commission Prison Confédération Nationale du Travail, ODU (Observatoire des Droits des Usagers), Ras-les-murs et SCALP-Reflex.

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  • La prison est un lieu où, hier comme aujourd’hui, les droits des personnes incarcérées ne sont pas respectés, ceux des prisonnierEs malades du sida encore moins.

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