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Femmes et VIH une rentrée pourrie

publié en ligne : 25 octobre 2002 dans Action 83

Pour les femmes, la rentrée se fait aujourd’hui dans un contexte politique terrifiant. Dans une atmosphère générale d’insécurité des minorités, les femmes sont aussi concernées par ce retour à l’ordre moral et à la précarisation.

En quelques mois, lentement mais sûrement, ce retour à l’ordre moral s’effectue au détriment des droits des femmes. La diminution des trois cinquièmes des subventions de nombreuses associations féministes et notamment lesbiennes en est symptomatique. L’éviction de la CADAC [1] et de l’APGL [2] du CSISRNEF [3] au profit de structures conservatrices telles que la CNAFC [4] et la FNFF [5], particulièrement engagées dans la lutte contre le droit à l’avortement et défendant une position haineuse à l’égard du PACS, dévoile une fois de plus le retour d’un ordre moral discriminant. Quand on sait que l’actuel ministre de la Santé vient de la droite catholique et que le gouvernement appartient à une formation qui accueille en son sein, l’anti-IVG et anti-PaCS la plus célèbre de France, Christine Boutin, on peut considérer l’éviction d’une association pro-avortement comme un début de remise en cause du droit des femmes à disposer de leurs corps. À ce stade, on imagine mal comment l’actuel gouvernement pourrait mener dans les années à venir une politique de santé à destination des femmes, digne de ce nom.

Pendant ce temps, l’épidémie avance. En 2001, le nombre de femmes contaminées dans le monde était supérieur à celui des hommes. Une étude de l’InVS [6] sur le deuxième semestre 2001 avance un chiffre effrayant : 62% des jeunes, âgés de 15 à 29 ans contaminés sur cette période étaient des femmes. Face à cela, le discours sur la réduction des risques est pour certains le meilleur mode de prévention à l’égard des femmes. N’acceptons pas ce que d’autres refusent haut et fort. Les politiques de prévention sont simples, pour les hommes comme pour les femmes : une mise à disposition du matériel de prévention en particulier les digues dentaires et le fémidom, comme alternative à la capote et moyen d’émancipation féminine, des campagnes réellement ciblées vers les femmes, hétérosexuelles comme lesbiennes, et une véritable éducation à la sexualité à l’école. Car les femmes aussi ont une sexualité.

Notes

[1] Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception

[2] Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens

[3] Conseil Supérieur de l’Information Sexuelle, de la Régulation des Naissances et de l’Education Familiale

[4] Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques

[5] Fédération Nationale des Familles de France

[6] Institut de Veille Sanitaire

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