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Les pharmacies hospitalières prennent les malades du sida en otage

publié en ligne : 24 octobre 2002 dans Action 83

Depuis le mois de juin 2002, les pharmacies hospitalières de plusieurs grands hôpitaux de l’Assistance Publique ont drastiquement réduit leurs horaires d’ouverture. Cette situation met en danger les malades atteints du VIH/sida et de l’hépatite C.

Le 19 septembre, des militants d’Act Up-Paris ont interrompu l’ouverture officielle du congrès annuel du SNPHPU qui se tenait à Aix-en-Provence. Le 1er octobre, une trentaine de militants d’Act Up-Paris ont investi au même moment les locaux de la direction de l’AP-HP [1] et la pharmacie de l’hôpital Lariboisière (Paris Xème). Depuis le mois de juin 2002, les pharmacies hospitalières de plusieurs grands hôpitaux de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (Lariboisière, Saint Antoine, Saint Louis, Bichat, Beaujon, etc.) ont drastiquement réduit leurs horaires d’ouverture. Cette situation met particulièrement en danger les malades atteints du VIH/sida et de l’hépatite C.

Pour ces malades, la dispensation en pharmacie hospitalière permet :
- un accès immédiat aux médicaments dès la prescription par le médecin hospitalier ;
- une garantie de confidentialité que n’offrent pas toujours les pharmacies de ville ;
- un suivi personnalisé du malade par un personnel formé aux particularités des traitements anti-VIH et VHC ;
- une garantie d’accès aux traitements pour les malades les plus précaires.

En outre, certains médicaments récents n’étant disponibles qu’en pharmacie hospitalière [lopinavir (Kaletra®), peg-interferon (Pegasys® et Viraferon Peg®)], cette situation met particulièrement en danger les malades atteints du VIH-sida et du VhC.

Cette situation résulte de la décision de chefs de service de certaines pharmacies hospitalières en réponse au conflit qui les oppose à la DGH et à l’AP-HP, concernant la mise en œuvre de la réduction du temps de travail. Ces derniers, de leur côté, ont choisi de laisser la situation se détériorer. Ils ont choisi de prendre les malades en otage pour faire pression sur les pouvoirs publics. Or, en multipliant les entraves à l’accès aux traitements, les pharmaciens hospitaliers favorisent les risques d’échecs thérapeutiques.

Le Pr. Leverge, président d’honneur du SNPHPU [2] et chef de service de la pharmacie de l’hôpital Lariboisière, a franchi une étape supplémentaire en refusant de délivrer des médicaments aux malades munis d’ordonnances émises par d’autres hôpitaux. Cette mesure est d’autant plus dangereuse qu’elle émane de l’unique chef de service représentant le collège des pharmaciens à la Commission médicale d’établissements de l’AP-HP (22.000 lits). Sa position prend ainsi valeur d’exemple, et d’ores et déjà est suivie par nombre d’autres responsables de pharmacies hospitalières.

Act Up-Paris exige :
- que des sanctions disciplinaires soient prises à l’encontre des chefs de service des pharmacies hospitalières qui règlent les conflits avec leurs directions en prenant les malades en otage ;
- l’ouverture des guichets des pharmacies hospitalières tous les jours ouvrables de la semaine, à des horaires permettant l’accès le plus large aux médicaments ;
- le maintien de la dispensation des médicaments anti-VIH en pharmacie hospitalière et en officine de ville.

Notes

[1] Assistance Publique des Hôpitaux de Paris

[2] Syndicat National des Pharmaciens - praticiens Hospitaliers et Pharmaciens - praticiens Hospitaliers Universitaires

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