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IAS 2017, jour 1

publié en ligne : 25 juillet 2017

IAS 2017, c’est parti !

Un symposium satellite sur le VIH, les IST, la prévention et l’accès aux traitements des migrants en situation irrégulière en Europe

Le CNS a choisi de mettre l’accent sur un sujet d’une grande actualité, la situation des migrantEs en situation irrégulière en Europe. Alors que d’une part la politique du gouvernement se montre répressive, d’autre part, les enseignements de l’enquête PARCOURS de l’ANRS avaient déjà indiqué qu’une part importante des contaminations avaient lieu après l’arrivée en France, dans l’intervalle pour accéder à un logement, à un emploi, à un titre de séjour stable, et partant améliorer son accès aux soins (voir notre RéPI à ce sujet).

Catherine Wihtol de Wendel a ainsi présenté un état des lieux des flux migratoires en Europe, relativisant leur importance à l’égard des flux globaux, mais pointant aussi que le cadre juridique qui entoure les questions de migrations en Europe est issue de catégories de plus en plus difficiles à distinguer en réalité.

En matière de données épidémiologiques, Andrew Amato de l’ECDC a pointé ce qu’elles permettent de décrire, et ce sur quoi elles restent lacunaires. Ces données reposent justement sur l’accès au dépistage et au diagnostic, ce qui est d’autant plus complexe pour les personnes en situation irrégulière, d’où ces difficultés à obtenir des données. Les résultats présentés sur différents pays européens en matière de proportion de contaminations par le VIH ayant eu lieu après l’arrivée dans les pays semblent conforter les enseignements de l’enquête PARCOURS : dans certains pays européens, ce seraient ainsi autour de 60% des contaminations qui auraient eu lieu après l’arrivée dans le pays.

Preuve que les actions des associations en la matière sont des plus essentielles.

Une déclaration d’engagement communautaire

Juste avant la session d’ouverture, alors que les activistes s’apprêtaient, la conférence de presse a notamment mis l’accent sur la déclaration d’engagement communautaire, dite de Paris, préparée par de nombreux acteurs associatifs, et publiée avec plus de 150 premiers signataires. Elle rappelle qu’en matière de lutte contre le sida, rien ne se fera sans les populations clés et les séropos, ainsi appelées à être remises au centre de la lutte et de la recherche. Elle comporte une liste d’exigences auprès de l’ensemble des acteurs qu’Act Up-Paris a choisi de faire siennes, puisque nous figurons parmi les signataires.

En voici les versions anglaises et françaises :

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Une plénière d’ouverture pleine d’actions

Linda-Gail Bekker et Jean-François Delfraissy ont ouvert une session dont le fil directeur était le rappel que beaucoup de choses sont à faire, et que le désengagement n’est pas une option.

Linda Gail-Bekker a également appelé l’audience à respecter quelques instants de silence en mémoire de Prudence Mabele et de Mark Weinberg, disparus cette année. A l’issue de ce temps de silence, les activistes de Treatment Action Campaign, rejoint par des activistes du monde entier, ont rallié la scène, prononcé un éloge de Prudence Mabele, et enjoint l’audience à prêter serment de continuer à lutter.

Agnès Buzyn représentait ensuite la France, après que les associations ont ferraillé pour exiger la présence de Macron à la conférence, Macron dont le gouvernement s’était illustré la semaine dernière en supprimant des lignes de crédits pour l’aide publique au développement. En vain, il n’a été question que d’une réception de quelques associations le lendemain à l’Elysée.

Voilà qui a mérité que nous protestions, avec Aides et Coalition Plus, à la montée sur scène de Buzyn, avec des pancartes protestant contre les coupes budgétaires, la persécution des migrantEs, le refus de faire avancer les droits des minorités, et des slogans dénonçant l’absence de Macron ("Shame on Macron !") et les conséquences de ces politiques ("Macron complice du sida") (tract ici). La ministre a déroulé un discours bien documenté sur la technique, mais extrêmement désincarné sur le plan des moyens à mettre en oeuvre pour ces efforts, et donc peu susceptible de répondre à nos attentes, au long duquel nous sommes restés au pied de l’estrade, avant de demander en conclusion "Where is the money ?".

Le discours de Giovanna Rincon qui a suivi comportait aussi son lot de tacles à la politique du gouvernement : reprenant notre injonction du matin à Macron (don’t make the HIV epidemic great again !), l’évocation de la situation des trans, des putes, des migrantEs, dessinait en creux tout ce à quoi devrait s’atteler le gouvernement, plutôt que d’entraver l’action des associations qui interviennent auprès des putes et des migrantEs.

Michel Sidibé s’est lui aussi montré préoccupé par la situation sur le plan du financement.

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