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Non, François Fillon, la lutte contre le sida n’est pas fictive.

publié en ligne : 14 février 2017

 

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Les amis du bus des femmes – Act Up-Paris – Acceptess-T – Arcat – Actions Traitements – Aides – Sidaction – Ikambere – Basiliade – le Planning Familial – Solidarité Enfants Sida – Afrique Avenir – Le Kiosque Info Sida et Toxicomanie

Les proches du candidat LR ont relayé la semaine dernière une campagne de calomnies contre une militante de la lutte contre le sida. Réduite par l’équipe de François Fillon au statut de « fille de », Eve Plenel n’est visée que pour discréditer le site d’information Médiapart dirigé par son père, et qui a révélé des informations sur les pratiques du député. Nous apportons tout notre soutien à Eve Plenel. Bénévole à Act Up-Paris au début des années 2000, directrice d’Arcat et du Kiosque Info Sida, elle a été recrutée en avril 2016 pour coordonner la stratégie de « Paris sans sida ». A ce titre, elle est régulièrement en contact avec les associations, les chercheurs-es, les médecins, les élu-es. Seules des personnes déconnectées de la réalité de la lutte contre le VIH peuvent se permettre de répandre de telles rumeurs.

Le combat contre l’épidémie est un enjeu politique dont tous les aspects doivent être débattus. Nous sommes prêt-es à en débattre avec tous les candidats, notamment François Fillon. Sa promesse de démanteler l’Aide Médicale État (AME), destinée aux migrant-es sans papier, aura pour effet de bloquer l’accès aux soins et de retarder le dépistage chez des personnes exclues et précarisées. La remise en cause de la Sécurité sociale aurait le même effet dans toute la population. Le combat qu’il entend mener contre les droits des personnes lesbiennes, gaies, bies, trans, queer ou intersexe renforcerait les discriminations dont elles sont victimes et qui font le jeu de l’épidémie. Ce sont ces sujets qu’il faut aborder.

Au-delà de son programme, le bilan de François Fillon et de son parti, comme celui du parti socialiste et de tous les partis qui occupent une place de pouvoir au niveau national ou local, peuvent aussi faire l’objet d’un débat public. Dans le cas de François Fillon, nous n’oublions par exemple pas qu’alors premier ministre, il a bloqué en 2010 l’expérimentation de salles de consommation de drogues à moindre risque alors que toute l’expertise scientifique et associative prouvait qu’un tel dispositif éviterait des contaminations ou des overdoses, et garantirait un accès aux soins et aux droits.

Revenir sur un tel refus permettrait de débattre publiquement sur les prises de décision en matière de politique de santé, leur articulation avec l’expertise scientifique et la place que peuvent ou ne peuvent pas y prendre les conceptions morales personnelles. Un tel enjeu est décisif, quand on se rappelle qu’à l’automne dernier, des élu-es de droite ont censuré une campagne de prévention du VIH au motif qu’elle mettait en scène des couples d’hommes, campagne pourtant élaborée en lien avec des chercheur-es et des associations.

Si l’équipe de François Fillon entend aborder la question de la lutte contre le sida, les sujets ne manqueront pas. Nous porterons ces enjeux, et bien d’autres, durant la campagne. Mais nous n’accepterons pas que notre combat, un combat vital, soit instrumentalisé à des fins de diversion politicienne en calomniant une militante.

 



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