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Prévention du cancer du col de l’utérus, femmes, séroneg, séropos, lesbiennes, bies, hommes trans , jeunes garçons, jeunes gays, nous sommes touTEs concernéEs !

publié en ligne : 27 janvier 2017

 

En cette semaine européenne de prévention et de dépistage du cancer du col de l’utérus, parce que nous tenons à nos amantEs, nos amiEs, nos prochEs, nos familles, qu’elles et qu’ils soient séroneg ou séropos, lesbiennes, biEs ou hétérosexuelles, cisgenre ou trans, nous relayons la campagne de l’Institut national du cancer.

Les femmes séropos ont deux à six fois plus de risques de développer un cancer du col de l’utérus compte tenu de la baisse des défenses immunitaires causée par le VIH. Un frottis annuel leur est donc recommandé quel que soit l’âge de la patiente, contrairement aux femmes séronégatives qui doivent réaliser un frottis tous les 3ans à partir de 25ans. Si l’état immunitaire est trop dégradé, le frottis peut même se faire tous les six mois. Le risque de développer un cancer invasif du col de l’utérus est accru pour les femmes séropos, pour dire : le diagnostic de cancer du col est posé 10 ans plus tôt chez les femmes séropositives que chez les femmes séronégatives et sa progression est plus agressive.

Le cancer se fiche de l’orientation sexuelle de la personne chez qui il progresse. Pourtant, les lesbiennes ont moins tendance à réaliser un suivi gynécologique, parfois à cause de mauvaises expériences avec ces praticiens. Elles ont moins tendance à se sentir concernées par l’infection à papillomavirus, à l’origine de la majeure partie des cancers du col de l’utérus. Mais ce n’est pas parce le sexe avec les hommes cisgenres n’est pas pratiqué que l’infection à papillomavirus n’est pas possible. Les contacts digitaux et uro-génitaux peuvent également transmettre l’infection. Une étude anglaise a montré que les lesbiennes étaient dix fois moins nombreuses à pratiquer un test dans les trois ans, alors que l’étude concluait qu’elles étaient autant à risque de développer un cancer du col que les femmes hétérosexuelles. Il faut suivre la recommandation qui vaut pour les hétérosexuelles : faire un frottis de dépistage tous les 3 ans entre 25 et 65 ans, que l’on soit vaccinée ou non contre les HPV.

Les personnes trans, en fonction de leurs parcours, sont elles aussi concernées par le dépistage du cancer du col de l’utérus. Pour les hommes trans qui n’ont pas réalisé de chirurgie de réassignation sexuelle ont conservé leur col utérin, sauf cas particuliers (immunosuppression ou autre), la fréquence recommandée pour les frottis est de 3 ans. Ceux chez qui une ablation du col de l’utérus a été pratiquée ne sont plus concernés par le dépistage de ce cancer.

Nous ne le répéterons jamais assez mais la question de l’accès à des services de santé et à l’information qui couvrent tous les besoins en matière de santé et plus particulièrement de santé sexuelle est primordiale. Ce sont les personnes les plus éloignées du soin, les personnes les plus précaires, les plus discriminées, qui ont les diagnostics les plus tardifs. C’est le rôle de cette campagne de donner le même accès pour touTEs au dépistage du cancer du col de l’utérus.

Par ailleurs, en tant que femmes, pour protéger notre santé, nous réclamons que la vaccination contre les HPV ne soit pas recommandée qu’aux jeunes filles entre 11 et 20 ans (et aux jeunes gays de moins de 26 ans depuis peu). La couverture vaccinale française étant médiocre, nous ne sommes pas suffisamment protégées par l’autre lors d’un rapport sexuel, si nous ne sommes pas nous-même vaccinées. Il faut davantage de personnes vaccinées pour palier à cela, ce qui passe par la vaccination des jeunes garçons aux mêmes âges. Nous ne voyons pas pourquoi reposerait seulement sur les femmes une vaccination portant sur une infection sexuelle.

 

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