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L’insécurité des minorités

Tract distribué à la manifestation des sans-papiers du 08 juin 2002

publié en ligne : 12 juin 2002

La sécurité selon Sarkozy, ce n’est ni plus ni moins que notre insécurité.

La sécurité selon Sarkozy, ce n’est ni plus ni moins que notre insécurité. L’insécurité des minorités par la libération des idéologies répressives depuis le 21 avril : par la chasse aux étrangers, la prohibition des stupéfiants, la violence de l’univers carcéral ; par l’insulte impunie, qu’elle soit raciste, sexiste ou homophobe ; par le mépris de l’urgence dans laquelle nous tenons le sida.

- Insécurité créée par la présence inquiétante de corps de police, partout et tout le temps : contrôles, insultes, passage à tabac et bavures. Deux personnes sont mortes en l’espace de trois jours à Dammarie-les-Lys : Xavier Dem, le 21 mai, descendu d’une balle dans la tête par un policier ; et Mohammed Berrichi, le 23 mai, pris dans une course-poursuite avec la Brigade Anti-Criminalité (BAC) ;

- Insécurité renforcée : sans attendre les nouvelles circulaires et à peine le gouvernement Raffarin nommé, on a vu des préfectures ressortir de vieux arrêtés d’expulsion ; des magistrats annuler des permissions de sortie et refuser en masse les demandes de libération conditionnelle ; des juges prononcer des peines hallucinantes (deux ans de prison ferme pour usage et détention de cannabis).

- Insécurité amplifiée par des descentes de flics dans les foyers de migrants et parmi les prostituéEs, la proposition de renvoyer les demandeurs d’asile afghans chez eux, avant même que l’OFPRA ait examiné leurs demandes, etc.

Pas un membre du gouvernement n’a encore prononcé un mot sur le sida, mais la guerre a déjà été déclarée aux prostituéEs, aux usagerEs de drogues, aux étrangerEs, aux détenuEs. Le sida a de beaux jours devant lui. Des sans-papiers qui commençaient à se soigner vont préférer y renoncer, les " toxicos " refusés aux urgences se multiplier, les prostituéEs se terrer. La promiscuité et la surpopulation vont accentuer le manque d’hygiène et la violence dans les prisons. Un nombre plus important encore de malades, parce que sans cesse aux prises avec la police et la justice, seront maintenus à l’écart de l’information, des moyens de se protéger, du système de soins, de la possibilité de suivre correctement des traitements longs et compliqués. Des années de progrès, réalisés à tous petits pas, sont menacées de s’écrouler.

Pendant cinq ans, les socialistes ont préféré ignorer les minorités, que s’employer à réduire leur insécurité. Aujourd’hui Raffarin et son dauphin, Nicolas Sarkozy, n’ont plus qu’à s’en prendre, directement, à nous. Depuis deux mois on tape sur les minorités, on les encercle, on les opprime - bientôt on voudra les supprimer, à l’instar de Jean-Marie Le Pen ?

Sarkozy déclarait au Monde le 30 mai 02 : " L’insécurité est une question réelle, pas un sujet fantasmagorique ". Sur ce point, au moins, nous sommes d’accord avec lui : les actions qu’il a entreprises depuis le 10 mai ont des effets réels.

Les minorités, désormais, sont en danger physique. Plus que jamais il faudra être sur tous les fronts, constamment.

- Régularisation de tous les sans papiers avec une carte de 10 ans
- Fermeture de tous les centres de rétention
- Abrogation des lois Pasqua, Debré, Chevènement

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