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Trans incarcéréEs, trans assassinéEs

Journée internationale de solidarité avec les prisonniEREs trans

publié en ligne : 22 janvier 2016

 

A l’occasion de la première journée internationale de solidarité avec les prisonniEREs trans qui se tient ce vendredi 22 janvier 2016, Act Up-Paris rappelle que la prison est un enfer pour les personnes trans.

La situation des personnes trans incarcérées est à tout égard lamentable. Un avis du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté, en 2010, témoignait déjà des difficultés spécifiques aux personnes trans en milieu carcéral [1]. Les recommandations de cet avis, déjà faibles au regard des enjeux, sont encore loin d’être systématiquement appliquées. Ainsi, aux difficultés d’accès aux soins et aux violences du milieu carcéral, déjà bien connues pour l’ensemble des prisonniEREs, s’ajoutent encore :

- de grandes difficultés, voire une impossibilité d’accéder aux soins et modifications physiques désirées en lien avec le parcours de transition. Ces refus de soins conduisent des personnes trans incarcérées à de graves problèmes de santé en essayant de pratiquer ces modifications physiques par elles-mêmes. D’autres vont jusqu’à se suicider [2].
- des violences psychologiques, verbales, physiques et sexuelles, de la part des autres détenuEs mais aussi de la part du personnel pénitentiaire. Le placement à l’isolement des personnes trans incarcérées, défendu au nom de leur protection vis-à-vis des autres détenuEs, les rend encore plus vulnérables face aux violences exercées par le personnel pénitentiaire.
- une prévalence au VIH-sida particulièrement élevée. Comme touTEs les prisonniERES séropositifVEs, elles sont confrontées à l’inégalité d’accès aux soins entre le milieu carcéral et le monde extérieur, inégalité qui a de graves conséquences sur leur santé.

Si certaines personnes trans incarcérées sont placées dans des quartiers spécifiques, et bénéficient d’un accompagnement associatif de la part d’associations trans, ce n’est pas le cas de toutes les personnes trans incarcérées. Qui plus est, même celles qui ont accès à des quartiers spécifiques continuent à faire face à des difficultés dans leurs parcours de soins, ou aux violences du personnel pénitentiaire, dont les conséquences peuvent être dramatiques. La solution des quartiers spécifiques est insuffisante. Elle doit être complétée par des dispositifs d’aménagement de peine, destinés à réduire autant que possible le temps passé par les personnes trans en milieu carcéral, qui les expose à des violences et des difficultés d’accés aux soins et les met en grave danger.

Act Up-Paris exige :

  • l’application des recommandations formulées dans l’avis du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté ;
  • la fin des traitements inhumains et dégradants infligés aux personnes trans en prison ;
  • la création de dispositifs permettant la sortie de prison des personnes trans confrontées aux violences du milieu carcéral ;
  • la mise en oeuvre de toutes les mesures permettant la libération des malades incarcérées.
 

Notes

[1] L’avis du CGLPL en 2010

[2] Act Up-Paris se souvient de la mort de Nathalie en 2012.

 

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  • La prison est un lieu où, hier comme aujourd’hui, les droits des personnes incarcérées ne sont pas respectés, ceux des prisonnierEs malades du sida encore moins.

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