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Avec Perben, le ministère de la Justice devient une annexe du ministère de l’Intérieur

publié en ligne : 6 juin 2002

Hier Dominique Perben a présenté sa loi de programmation pour la justice. Elle s’inscrit dans la dramatique continuité de la loi présentée par Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, il y a une semaine.

Hier Dominique Perben a présenté sa loi de programmation pour la justice. Elle s’inscrit dans la dramatique continuité de la loi présentée par Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, il y a une semaine.

Que prévoit cette loi ? Plutôt que d’en finir avec une prison meurtrière, Dominique Perben préfère construire des prisons neuves, prévoyant donc a priori une augmentation des incarcérations dans les temps à venir. La justice "plus proche, plus humaine" de Dominique Perben, c’est d’incarcérer plus de monde. La privation de liberté qui devrait être considérée comme ultime recours, demeure l’unique solution avancée par les gouvernements successifs pour répondre à un certain "désordre social". Chaque nouvelle prison construite, chaque nouvelle incarcération, est pourtant un aveu d’échec politique.

Le gouvernement Jospin voulait construire de nouvelles prisons pour répondre à la surpopulation carcérale. Le gouvernement Raffarin, lui, veut en construire d’autres, pour enfermer plus. Les méthodes d’emprisonnement ont pourtant fait la preuve de leur inefficacité. Surtout, d’un point de vue sanitaire, avoir comme seul projet d’enfermer plus est criminel.

L’autre grand projet de Dominique Perben est la mise en place de "centres de détention fermés", c’est-à-dire des prisons pour mineurs. La conception de la justice, "plus proche, plus humaine", de Dominique Perben, c’est donc aussi d’enfermer les mineurs, au lieu de répondre aux questions qu’ils soulèvent : accès à un système éducatif non discriminant, accès à des moyens d’existence suffisants, accès aux soins, aux droits et à une justice équitable.

La sécurité selon le gouvernement Raffarin, ce n’est ni plus ni moins que notre insécurité : l’insécurité des minorités. Pas un membre du gouvernement n’a encore prononcé un mot sur le sida, mais la guerre a déjà été déclarée aux prostituéEs, aux usagerEs de drogues, aux étrangerEs, aux détenuEs. Autant dire que le sida a de beaux jours devant lui.

Des sans-papiers qui commençaient à se soigner vont préférer y renoncer. Les "toxicos" refusés aux urgences vont se multiplier. Des usagerEs de drogues qui commençaient à souffler vont se voir rattraper par la course aux droits sociaux. Des prostituéEs vont se terrer et redevenir inaccessibles aux bus de prévention. La promiscuité et la surpopulation vont accentuer le manque d’hygiène et la violence dans les prisons. Pour résumer, un nombre plus important encore de malades, resteront à l’écart des progrès thérapeutiques parce que sans cesse aux prises avec la police. Avec cette justice, c’est autant de chances en moins pour eux de s’informer, de se protéger, de bénéficier du système de soins, et d’observer correctement des traitements longs et compliqués. Des années de progrès, réalisés à tous petits pas, sont menacées de s’écrouler.

Plutôt que de répondre aux urgences sociales qui lui sont posées, le gouvernement Raffarin mène une politique de droite répressive ayant pour socle le vote Front National. Après la gendarmerie, la Justice devient une branche du ministère de l’Intérieur, confirmant l’orientation du gouvernement Raffarin : celle de la répression des minorités.

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  • La prison est un lieu où, hier comme aujourd’hui, les droits des personnes incarcérées ne sont pas respectés, ceux des prisonnierEs malades du sida encore moins.

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