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Associations abolitionnistes : du déni du sida à l’appât du gain

publié en ligne : 7 novembre 2013

Le Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes, dans un avis rendu mardi dernier, recommande la mise en place de la pénalisation des clientEs des travailleurSEs du sexe.

Une telle position, résolument en faveur d’une mesure répressive dont les effets seront les mêmes que ceux du délit de racolage public mis en place par Sarkozy, confirme la profonde méconnaissance des enjeux de la lutte contre le sida de ceuxLLES qui entendent légiférer sur la prostitution.

Par cet avis,le HCEHF entérine son mépris profond des travailleurSEs du sexe et de leur santé et son déni du rôle des conditions de travail dans les contaminations au VIH-sida [1].

Cet avis est abject dans son ensemble, mais comme association de lutte contre le sida, Act Up-Paris attire l’attention sur un point particulier : la proposition de loi de Maud Olivier entend d’ores et déjà conditionner les maigres droits alloués aux travailleurSEs du sexe à l’abandon de leur activité [2] ; l’avis du HCEFH va encore plus loin, et recommande lui d’indexer l’attribution de l’agrément qui permettra aux associations d’octroyer ces quelques droits et prestations sur la position idéologique de ces mêmes associations en matière de travail du sexe : celles-ci devront être abolitionnistes, ou passer leur chemin [3].

Si cette recommandation est appliquée, ses effets amplifieront encore les conséquences dramatiques de la proposition de loi socialiste. En effet, des associations menant à l’heure actuelle des actions de terrain sur la base d’une approche pragmatique croisant enjeux de santé et enjeux de droits, se verront éloignées des travailleurSEs du sexe. D’autres en revanche, dont le mépris pour les enjeux de santé, et plus spécifiquement de prévention du VIH-sida est avéré [4], et qui se targuent de ne mener aucune action en la matière, se voient offrir un véritable monopole.

L’objectif du HCEFH serait-il de rendre toujours plus élevé le nombre de travailleurSEs du sexe séropositifVEs ?

Une telle recommandation n’est de toute évidence pas neutre. Il s’agit pour les associations abolitionnistes de garantir leur main-mise sur les subventions qui découleront de la création d’un fond dédié à la prostitution et qui s’élèveraient selon Najat Vallaud-Belkacem elle-même à 10 à 20 millions d’euro [5].

Il n’est d’ailleurs pas fortuit qu’au sein du HCEFH, au milieu de nombre de députéEs et expertEs notoirement abolitionnistes se trouve Grégoire Théry, secrétaire général du Mouvement du Nid, qui bénéficiera grassement de cette nouvelle manne financière : lorsqu’il s’agit d’argent, on n’est jamais mieux serviE que par soi-même.

Nous déplorions que les associations abolitionnistes ne soient animées que par des considérations idéologiques, et déplorions leur absence de pragmatisme. Force est de constater qu’ elles n’ignorent pas les enjeux concrets lorsqu’il s’agit de l’accroissement de leurs subventions : seule la survie matérielle des travailleurSEs du sexe les indiffère.

Act Up-Paris exige :
- l’abrogation du délit de racolage public, qui expose les travailleurSEs du sexe aux violences et les éloigne des dispositifs d’accès aux soins, aux droits, à la prévention nécessaires à la lutte contre le sida ;
- l’abandon de la proposition de loi de Maud Olivier et de toute approche répressive en matière de travail du sexe ;
- une lutte effective contre la traite, l’exploitation et le travail forcé, avec notamment la régularisation des travailleurSEs du sexe sans-papiers sans condition d’abandon de leur activité et l’accès aux droits fondamentaux pour touTEs les travailleurSEs du sexe.

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