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Conférence de Washington

Act Up-Paris à Washington (5). Zap, Zap, Zap. La présence de Marisol Touraine à Washington nous rend folles.

publié en ligne : 26 juillet 2012

Ce mercredi à Washington, il y avait comme une ambiance tendue entre la ministre de la santé, Marisol Touraine, et les associations de lutte contre le sida.

La veille, dans une réception à l’ambassade de France, nous avions pu mesurer le gap entre l’expertise que nous menons depuis des mois, notamment sur les soins funéraires, et le peu de considérations que la ministre aura manifesté à l’égard des malades et de leurs associations.
Lors d’une discussion avec le cabinet de la ministre, nous apprenions par exemple que les « experts » du ministère n’avaient jamais entendu parler de l’avis du Conseil national du sida (favorable à la levée de l’interdiction). Cela nous a révoltéEs.

La journée commença du côté du stand France de la salle de conférence. Le gouvernement s’étant montré particulièrement inactif dans le dossier des soins post-mortem pour les personnes séropositives, nous avions décidé, avec AIDES et ELCS (élus contre le sida), de zapper la ministre de la santé et son cabinet. Quelques minutes avant que la ministre arrive, un autre zap avait lieu à quelques mètres, comme pour nous encourager : des activistes américains ont entouré de scotch « scène de crime » le stand de Gilead Sciences, pour exiger la baisse des prix de ses molécules (Truvada et Atripla notamment).

La ministre apparu vers 10h30, accompagnée de son équipe, Jean-François Delfraissy (directeur de l’ANRS) et reçue par Jean-Luc Romero. Après une courte introduction, Jean-Luc Romero a laissé la parole aux activistes de AIDES et Act Up, qui faisaient face en nombre à la ministre. Fred Navarro commença par évoquer son vécu de cette discrimination sans nom, en expliquant l’urgence d’une situation toujours déjà intolérable, pendant que la trentaine de militantEs présentEs brandissait une lettre demandant à la ministre de s’engager concrètement sur la levée de l’interdiction des soins funéraires pour les personnes séropositives. Bruno Spire de AIDES et plusieurs militantEs associatifVEs ont ensuite pris la parole pour évoquer divers sujets, avec un lien direct ou non aux soins post-mortems Visiblement stressée, la ministre a répondu avec beaucoup de nonchalance à ces interventions, en rejetant la responsabilité de ce retard intolérable sur d’autres ministères, sur une absence de preuve scientifique, en affirmant toutefois qu’elle y « travaillait » (nous lui enverrons cependant par précaution l’avis du CNS...).

Après cette première étape, la ministre se rendait au media center pour une conférence de presse. Là encore, nous l’attendions et souhaitions, sur divers sujets, des engagements forts. Sur le travail du sexe par exemple, où la ministre a clairement sous-entendu qu’elle ne ferait pas valoir en inter-ministériel la primauté des questions de santé sur le projet abolitionniste de Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement et ministre des droits des femmes. Sur les franchises, elle affirma également ne pas vouloir faire d’effort particulier, ne trouvant pas insensé de maintenir cette discrimination. Les journalistes étant peu nombreux, c’est encore une fois le monde associatif qui a dû batailler pour acculer la ministre et la confronter à ses responsabilités.

FatiguéEs de devoir encore une fois faire de la pédagogie pour faire entendre un projet de santé que la gauche ne semble pas prête à mettre en œuvre, nous avons constaté le dépit de chacunE à l’issue de cette conférence de presse. Journalistes comme associatifs reconnaissaient bien l’incompétence d’une ministre visiblement gestionnaire et sans grande connaissance du monde associatif. Ces choses-là ne s’improvisent pas, pourtant, et nécessitent au minimum un dialogue avec les associations, les scientifiques et l’ensemble des acteurRICEs concernéEs par ce qu’on nomme parfois la « démocratie sanitaire ».

Combien de confrontations faudra-t-il organiser pour qu’un début d’engagement soit pris, sur les franchises, le prix des médicaments ou les soins funéraires ?

RDC : crise sanitaire, urgence humanitaire

Le début d’après-midi a été consacré à alerter sur l’urgence de la situation des PVVIH en RDC, où 1 million de personnes sont séropositives et où le taux de couverture ARV ne dépasse pas les 13%. Une cinquantaine de militants ont défilé du village global vers le centre de presse avec des pancartes et des photos de l’action organisée par la société civile à Kinshasa la semaine dernière pour réclamer au gouvernement et aux bailleurs internationaux de financer les médicaments dont les malades ont besoin. L’action a été suivie d’une conférence de presse de 45 minutes sur la situation de l’épidémie en RDC et les mesures devant être mises en place pour augmenter la couverture ARV et réduire la mortalité des malades du sida.

Zap sur Roche pour dénoncer les prix des médicaments contre l’hépatite C

Plus tard dans l’après-midi, les activistes de Washington ont interrompu une session financée par Roche pour dénoncer les prix prohibitifs des médicaments contre l’hépatite C. Ils et elles ont déployé une banderole et ont remis à Roche une pétition demandant de baisser les prix. On estime à 170 million le nombre de personnes vivant avec une hépatite C chronique. Bien qu’il existe des traitements, au moins 350 000 d’entre elles meurent du virus chaque année. La politique cupide de Roche est criminelle.

Rock the TPP

Dans la soirée, un concert a été organisé sur dans la East-Europe & Central Asia Networking Zone pour dénoncer le TPP (Trans-Pacific Partnership) [1] dont les dispositions mettent en danger les médicaments génériques. Miss Affordable a notamment fait une prestation très applaudie en chantant une chanson sur le TPP ainsi que la désormais classique « Miss Pharma’s Pet ».

Notes

[1] Accord commercial actuellement négocié par les Etats-Unis avec le Canada, le Mexique, l’Australie, la Nouvelle Zélande, Singapour, le Chili, le Vietnam, le Brunei, la Malaisie et le Pérou.



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