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Texte du tract pour la marche Existrans

TRANS : BILAN D’UN QUINQUENNAT

publié en ligne : 1er octobre 2011

La semaine précédant l’élection de Nicolas Sarkozy, le Journal du Dimanche relatait une conversation d’Alain Juppé, se réjouissant qu’il y ait « une commission trans à l’UMP ». 5 ans plus tard, l’heure est au bilan : avec l’UMP les trans n’ont pas obtenu grand chose.

Me Bachelot-Narquin a retiré « le transsexualisme » de la nomenclature des affections mentales de longue durée, et puis c’est tout. Les trans ne sont plus considéréEs comme atteintEs de maladie mentale, mais restent astreintEs à un suivi psychiatrique. Les équipes de spécialistes auto-proclaméEs qui s’étaient taillé un monopole sur les trans (avec les abus graves que l’on sait) sont toujours là, avec des méthodes similaires, au mieux à peine modifiées.

À peine Mme Bachelot-Narquin a-t-elle retiré le « transsexualisme » du registre funeste qu’elle a remis en circulation un texte jugé illégal en 1989 par la Cour de cassation et créé les conditions pour que les anciennes équipes réactionnaire puissent se réformer en SoFECT (Société d’Etude et de prise en Charge du Transexualisme). C’est intolérable : ces équipes n’ont jamais rien fait pour combattre la pandémie du VIH, à l’étranger, des médecins plus éclairés l’ont fait.

Le bilan de ce quinquennat, pour les trans, c’est l’immobilisme

Concernant l’obtention des papiers d’identité, la France est toujours à la traîne de l’Europe. Aucune structure n’existe pour débattre des discriminations qui frappent cette population, et la loi Besson 2011, qui remet en cause le droit au séjour pour soins, frappe la fraction la plus vulnérable de la communauté trans : les étrangèrEs séropos.
Ce sont encore elles et eux qui feront les frais d’une éventuelle pénalisation des clientEs des travailleurSEs du sexe, une fois de plus aujourd’hui dans la ligne de mire de l’UMP, mais aussi du PS.

Devant l’opiniâtreté des associations, le ministère de la Santé a ouvert des crédits pour la prévention du VIH/sida et des IST chez les trans, et la publication d’une enquête épidémiologique est en cours. Encore faut-il que l’argent de la prévention ne serve pas à répandre des billevesées !

Oui, il faut se faire dépister, car plus tôt le virus est repéré mieux vous serez soignéEs.
Oui, après un rapport à risque (viol, rupture de capote, bareback, accident de shooteuse), il faut immédiatement aller aux urgences de l’hôpital le plus proche et exiger un traitement post exposition (TPE) qui peut bloquer la transmission du virus.
Non, être séropo n’est pas une partie de plaisir : effets secondaires des traitements, risque accru de cancer et de problèmes cardio-vasculaires… Et la combinaison d’une trithérapie avec une prise d’hormone n’est pas un jeu particulièrement amusant.
Oui, il faut être extrêmement vigilant devant des allégations comme « sous traitement je ne suis plus contaminant ». La réalité est beaucoup plus compliquée que ce slogan mal dégrossi : un traitement n’élimine pas le risque d’attraper d’autres IST, ou une hépatite, et le VHC combiné à une infection VIH entraîne 4 fois plus de décès qu’une hépatite C isolée.

Trans séropos, trans séronegs, la capote reste plus que jamais votre amie.

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