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1er Mai

Travailleuses, travailleurs, les séropos sont parmi vous !

publié en ligne : 29 avril 2011

Avec vous, ils travaillent, vont à la pause-café, déjeunent, participent aux réunions, séminaires, missions… Ils sont peut-être vos meilleurs collaborateurs. Mais vous n’en savez rien. Les séropos se cachent parce que les employeurs veulent réduire les risques d’arrêts maladie. Ils adaptent les questionnaires de santé pour débusquer les malades qui se cachent.

Imaginez vous un instant séropo. Que feriez-vous dans ces situations ?

Dès l’entretien d’embauche, l’employeur me questionne sur mon état de santé alors qu’il n’en a pas le droit :
a) Je décline ma situation sans craindre les répercutions ?
b) Je ne réponds pas (rien ne m’y oblige)… mais cela ne va-t-il pas paraître suspect ?
c) Je mens… mais me sens coupable.

En fait, je n’ai pas le choix, on me demande une attestation d’Assurance Maladie pour compléter mon dossier :
a) Rien à cacher, je procure l’attestation habituelle.
b) Je demande le formulaire sans l’annotation sur ma prise en charge à 100% de l’Assurance Maladie avant de la transmettre.

Le questionnaire se poursuit au-delà de l’examen médical d’embauche, avec les visites annuelles de la médecine du travail. On le sait, il est formellement interdit de m’imposer un test du VIH. Mais si on me le propose que faire :
a) Je suis démasqué comme séropositif.
b) Je refuse et je trouve une excuse.

Et que faire quand, pour les besoins de mon suivi médical, l’hôpital a fixé un rendez-vous en plein après-midi ? Je dois impérativement y aller :
a) J’ai une fuite d’eau à la maison et je dois donc m’absenter.
b) Je préfère décaler mon RDV. Mais, pas de chance, il se prend 3 mois à l’avance et risque à nouveau de tomber sur mes heures de travail.

Même pour une mission à l’étranger, le dilemme continue :
a) Je fonce.
b) Aïe, je ne sais pas comment je vais lui expliquer que certains pays refusent les séropositifs sur leur sol, que je risque donc d’être interdit à l’entrée si mon traitement est repéré. De plus comment vais-je faire pour mon traitement (dispensé une fois par mois) et sa prise en charge ainsi que pour mon suivi médical… Je refuse donc.

En somme, éviter ces questions provoque la suspicion et conduit à une autocensure de la population séropositive face à la crainte de l’exclusion. Répondre à ces questions peut être lourd de conséquences.

À l’occasion du 1er Mai 2011, Act Up-Paris rappelle qu’en France, distinguer une personne en raison de son état de santé est une discrimination que les séropos vivent constamment. Act Up-Paris exige que la lutte contre la stigmatisation et les discriminations dont sont victimes les séropos devienne une priorité nationale.

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