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8 mars, journée des droits des femmes :

Comment parler de féminisme sans parler de sida ?

publié en ligne : 8 mars 2011

À l’échelle mondiale, près de la moitié des personnes vivant avec le VIH sont des femmes. Lors d’un rapport sexuel homme / femme, la femme est 3 à 6 fois plus susceptible d’être contaminée.

Les pouvoirs publics et l’industrie pharmaceutique exposent encore davantage les femmes : elles sont sous-représentées dans les essais thérapeutiques et leurs spécificités biologiques ne sont pas prises en compte pour l’étude des effets secondaires. Il n’existe aucune mesure ciblée contre les discriminations des femmes séropositives.

Deux mesures de l’arsenal sécuritaire mis en place ces derniers mois vont particulièrement accentuer l’exposition des femmes au VIH : la loi Besson qui entend renvoyer les étrangerEs malades dans leur pays d’origine où elles mourront faute de soins et la réforme de l’Aide Médicale d’Etat (AME) qui va retarder l’accès à des soins vitaux pour les femmes migrantes.

Les partis politiques, et certaines structures dites « féministes » font également le jeu de l’épidémie, s’adonnant tantôt au moralisme, tantôt à l’électoralisme. CertainEs, se définissant comme féministes et de gauche, rejoignent les franges les plus paternalistes de la droite réactionnaire lorsqu’il s’agit du travail du sexe.

Ils et elles cautionnent la mise en place de dispositifs répressifs. Prétextant lutter contre les violences sexistes ou prétendant restituer aux travailleurSEs du sexe leur « estime de soi », ils et elles les précarisent et les éloignent des structures de prévention et de soins. Éludant la question des femmes face au sida, ces « féministes » préfèrent gloser sur le montant de l’amende à infliger au « client prostitueur ».

Enfin, quid des trans : transexuelLEs, transgenre, intersexuéEs ? MéconnuEs du corps médical, elles restent méprisées par certainEs féministes qui n’hésitent pas à les exclure de leurs rassemblements. Elles demeurent les ultimes victimes du sexisme et sont donc surexposées au VIH.

Le 8 mars doit être la journée des femmes, de toutes les femmes. Chaque jour, plus de 7000 personnes sont contaminées par le virus du sida, plus de la moitié sont des femmes.

Silence = mortEs.

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