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L’OICS, ennemi de la réduction des risques !

publié en ligne : 2 mars 2011

Marc Moinard, expert auprès de l’Organisation Internationale de Contrôle des Stupéfiants (OICS) présente aujourd’hui à Paris le rapport de l’OICS 2010. Depuis sa création, l’OICS a été le moteur de la guerre internationale contre les droguéEs. Pourquoi cette année serait-elle différente ? L’OICS ne s’intéresse pas aux autres priorités de l’ONU telles que la lutte contre la pandémie VIH. Il a pris de nombreuses positions contre la réduction des risques ou cautionnant des politiques mortelles pour les usagerEs de drogues.

Marc Moinard, expert auprès de l’Organisation Internationale de Contrôle des Stupéfiants (OICS) présente aujourd’hui à Paris le rapport de l’OICS 2010. Depuis sa création, l’OICS a été le moteur de la guerre internationale contre les droguéEs. Pourquoi cette année serait-elle différente ? L’OICS ne s’intéresse pas aux autres priorités de l’ONU telles que la lutte contre la pandémie VIH. Il a pris de nombreuses positions contre la réduction des risques ou cautionnant des politiques mortelles pour les usagerEs de drogues.

Anthologie de décisions criminelles

Par exemple, en 2006, l’OICS avait proposé une reclassification de la buprénorphine sur la liste des stupéfiants, proposition rejetée par le comité d’experts sur la dépendance aux drogues de l’OMS en raison des bénéfices reconnus de la buprénorphine pour la prévention du VIH et la réduction de la mortalité associée aux drogues [1].

Dérogeant aux missions et principes édictés par la Convention Unique sur les Stupéfiants de 1961 [2], l’OICS ne s’est opposé ni à la Russie où buprénorphine et méthadone sont considérées comme illégales, ni aux méthodes de traitement de pays qui incluent l’incarcération, les travaux forcés voire les électrochocs ou la lobotomie.

Au cours de la « guerre aux drogues » menée par la Thaïlande en 2003, durant laquelle plus de 2500 usagerEs de drogue ont trouvé la mort et 50000 ont été incarcérés, l’OICS n’a pas hésité à exprimer sa confiance envers le gouvernement thaïlandais, l’encourageant à continuer ses « recherches » en termes de lutte contre la toxicomanie, estimant qu’elles auraient permis de diminuer la consommation de méthamphétamine.

Début mars 2008, l’OICS présentait son nouveau plan de contrôle des stupéfiants et produits illicites, dans lequel il enjoint aux pays ayant développé des actions innovantes de réduction des risques auprès des usagerEs de drogues, comme les salles de consommation supervisée, d’y renoncer. Cet avis de 2008, fait suite à plusieurs avis de l’OICS (1999, 2003), demandant la fermeture des salles de consommation, alors même que leur efficacité a été prouvée scientifiquement [3]

Alors que des scientifiques de renom appellent à un changement en profondeur de la politique des drogues dans la Déclaration de Vienne, alors que le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à la santé lance un appel pour un changement fondamental de la politique des drogues, l’OICS apparaît comme un dangereux « totem » des approches répressives, inefficaces et obsolètes. Ce nouveau rapport de 2010 ne dérogera pas à la règle.

Act Up-Paris exige que l’OICS :
- recommande l’arrêt de la guerre à la drogue, coûteuse, inefficace et mortelle
- intègre la lutte contre le sida dans ces prérogatives
- soutienne une politique des drogues basée sur des preuves scientifiques.

Suite au tractage de ce texte lors de la présentation du rapport, un membre de l’OICS est venu à la rencontre des militantEs : voir notre communiqué

Notes

[1] ECDD. Buprenorphine (final decision). Geneva, World Health Organization, 2006

[2] Csete J, Wolfe D. "Progress or backsliding on HIV and illicit drugs in 2008 ?", Lancet, 2008, 371, 9627, 1820-1

[3] cf. Expertise collective Inserm sur la réduction des risques (PDF)

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