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Guerre aux labos

Des molécules pour les co-infectéEs VIH/VHC

publié en ligne : 1er février 2011 dans Action 126

Alors que les hépatites sont la première cause de mortalité chez les séropos, la recherche menée par l’industrie pharmaceutique persiste à ignorer les personnes co-infectéEs.

35% des personnes vivant avec le VIH ont aussi une hépatite C. Seule 25% de ces co-infectéEs répondent aux traitements actuellement disponibles contre l’hépatite. Il y a urgence à développer de nouvelles molécules : les hépatites sont la première cause de mortalité chez les séropositifVEs. Celui-ci aggrave de surcroît le pronostic de l’infection par le VHC (virus de l’hépatite C), avec une progression deux fois plus rapide de la fibrose et un risque de fibrose décompensée cinq fois supérieur.

Les laboratoires qui mènent des recherches contre le VHC prennent leur temps, et surtout, n’incluent pas les co-infectéEs dans les essais thérapeutiques. Cela leur permet d’optimiser les résultats et de les présenter sous un jour favorable, en mentant par omission sur toutes les personnes pour lesquelles le traitement risque d’être mal supporté.

Le 15 février, nous avons fait irruption (photo) au siège du LEEM, le groupe de pression des industriels du médicament, pour dénoncer ces choix qui sacrifient la vie et la santé de milliers de personnes co-infectées. Une scène de crime (silhouette blanche, sur le sol, périmètre de sécurité) est mise en place. Nous obtenons un entretien avec le directeur, Philippe Lamoureux. À notre constat, il ne répondra… rien : « il s’agit de des questions fondamentales (…) je ne maîtrise pas ce sujet ».

La « maîtrise » est pourtant au cœur de cette vision fondée sur une rentabilité à court terme, qui empêche les personnes qui en ont un besoin vital d’avoir accès à ces médicaments en développement. Quand ces molécules auront été autorisées et qu’elles seront commercialisées, il n’y aura que très peu de connaissances sur les effets indésirables spécifiques aux personnes co-infectées. Elles devront donc expérimenter, à leurs corps défendant et sans aucun cadre scientifique, ces effets que des études cliniques soucieuses de la santé de touTEs auraient pu éviter. Comme les femmes, comme les enfants, les co-infectéEs VIH/VHC sont l’angle mort de la recherche financée par les labos.

Le mépris de l’industrie pharmaceutique et son syndicat, le LEEM, nous tuent. Gérald Sanchez, militant d’Act Up-Paris, co-infecté VIH/VHC, est mort le 11 février dernier après des années de combat pour changer cette logique. Ces derniers mois, il tentait de convaincre les laboratoires qui ont développé des molécules prometteuses contre le VHC de les rendre accessibles aux co-infectéEs.

Ce que nous avons dit à Philippe Lamoureux : qu’attendent les laboratoires pour permettre un accès précoce aux molécules (essais cliniques ou en compassionnel) pour les 1 500 personnes co-infectées VIH/VHC en situation d’urgence ; en premier lieu pour le boceprevir (Schering-Plough) et le telaprevir (Janssen-Cilag) ? Qu’attend-il pour inclure des personnes co-infectées VIH/VHC dans les essais cliniques, dès la phase II, avec une attention particulière sur les spécificités de la co-infection ? Nous n’avons d’autre choix que de nous battre pour l’obtenir.

N’hésitez pas à nous contacter.

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