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Les femmes : l’homme invisible dans la recherche

publié en ligne : 1er janvier 2011 dans Protocoles 64

 

Plus de 50 % des personnes vivant avec le VIH dans le monde sont des femmes. Pourtant elles sont très faiblement représentées dans les essais cliniques sur le VIH, en dehors de ceux touchant la transmission mère enfant.

Depuis 2000, en France, seulement 20 % des participants aux essais cliniques sur les antirétroviraux sont des femmes. Cette proportion a diminué au cours des 8 dernières années alors que les femmes représentent une proportion importante des nouveaux diagnostics. Elles ont été écartées des essais (afin de minimiser les risques pour « l’enfant à naître », pour une uniformisation genrée des candidats, car les femmes sans autorisation de séjour ne peuvent accéder à la recherche biomédicale etc.) et de ce fait, les informations issues des études faites majoritairement sur les hommes ont souvent été extrapolées et appliquées aux femmes.

Pourquoi ces données sont essentielles  ?

Les femmes sont physiologiquement différentes des hommes. Les traitements contre le VIH, les effets du virus sur l’organisme peuvent donc les affecter différemment. Des études montrent que les hommes et les femmes ne répondent pas de la même façon aux traitements. En raison du nombre insuffisant de ces dernières dans les essais cliniques, il n’est pas possible de généraliser les conclusions qui en résultent quant à la prise en charge médicale des femmes. D’autres études signalent, pour certaines classes de médicaments, une tolérance moins bonne chez les femmes, des effets indésirables différents et certains risques plus élevés.

Des inégalités entre les hommes et les femmes ont un véritable impact sur la santé des femmes séropositives. Il est donc primordial d’avoir des données fiables et il faut pour cela que les femmes intègrent davantage d’essais dont les données représenteraient équitablement la population vivant avec le VIH/Sida. Les femmes concernées n’ont pas réussi, malgré les arguments avancés, à modifier la place que les chercheurs et les laboratoires pharmaceutiques leurs octroient dans les essais.

Des propositions à mettre en œuvre

Il n’est pourtant ni difficile, ni compliqué d’assurer une représentation proportionnelle des femmes plus précocement dans les études cliniquess ou de développer des essais sur l’efficacité et la tolérance des traitements destinés uniquement aux femmes. Poser dans ces essais, des questions qui concernent des problématiques qui leur sont spécifiques et qui ne se limitent pas à la procréation, ne relève pas d’une révolution, pourtant ces demandes n’arrivent pas à se faire entendre.

Le collectif interassociatif Femmes et VIH [1] s’est créé sur l’évidence que d’une part, la lutte contre le sida chez les femmes devait passer par la lutte pour leurs droits en tant que femmes, et que d’autre part ce sont les femmes vivant avec le VIH qui sont elles-mêmes les « expertes » de leur maladie. Leur parole, leurs revendications sont le fondement de ce collectif. A ce titre, lors des Rencontres, Etats généraux et Colloques que nous organisons depuis 2003 une des revendications criante concerne la question de leur place dans la recherche. Elles sont en première ligne dans cette épidémie : il est donc impératif que toutes les phases de la recherche médicale prévoient une approche sexuée et une représentation égalitaire dans les essais cliniques.

 

Notes

[1] A l’initiative des associations : Act Up-Paris, Médecins du Monde, le Planning Familial et Sida Info Service ; et en partenariat avec Aides, l’AVH 78, Frisse, Ikambéré, LFMR et Marie Madeleine.

 

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