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Cameroun : Non aux persécutions des lesbiennes, gays, bi, trans.

Le respect des droits humains doit être universel et valable pour touTES !

publié en ligne : 12 janvier 2011

Act Up-Paris et l’association camerounaise ADEFHO (Association de Défense de l’Homosexualité), dénoncent les élans de haines homophobes en réaction au lancement du Projet d’Assistance et d’Encadrement des Minorités Homosexuelles (PAEMH), financé par l’Union Européenne.

Le Cameroun fait partie des 88 pays qui pénalisent l’homosexualité : des homosexuelLEs y sont mis en prison.

Le 22 décembre dernier, le PAEMH, auquel participe ADEFHO a été lancé. Ce projet a été financé par l’Union Européenne , et a notamment pour objectifs de réduire les gardes à vue abusives, de proposer des aides matérielles et médiales aux personnes mises en prison pour homosexualité, et de permettre l’accès aux traitements contre le sida. Depuis, Maitre Alice Nkom , présidente d’ADEFHO, a été l’objet de nombreuses menaces. De plus, des acteurs de la société civile, dont le promoteur du RJC (Rassemblement de la Jeunesse Camerounaise), autoproclamé Porte parole de la Jeunesse , a interpellé le gouvernement camerounais, et demandé que les financements soient suspendus. Un rassemblement à l’appel du RJC, devrait avoir lieu en signe de protestation, devant la représentation européenne .

Il serait inacceptable de voir ces fonds interceptés, alors que les actions qui devraient voir le jour s’inscrivent dans une logique de promotion, de renforcement des droits humains, et de prévention en matière de sida vers une population vulnérable.

Act Up-Paris et ADEFHO rappellent que 25 ans d’épidémie de sida ont prouvé que le non-respect des droits humains participe à la propagation du virus du sida.

De plus, il est tout à fait incohérent qu’un pays qui reçoit 64 milliards du Fonds Mondial, afin de financer des programmes de lutte contre le sida censés prendre en compte les minorités sexuelles, soit parcouru par des sursauts homophobes stimulés par la presse et les autorités locales.

Le ministre de la santé camerounais, André Mama Fouda lui même, explique dans un article paru dans Cameroon Tribune le 28 décembre dernier, que les financements attribués par le Fonds Mondial auront pour bénéficiaires les populations dites à risques, comprenant les personnes ayants des rapports homosexuels.

Un pays qui pénalise l’homosexualité ne peut définitivement pas prétendre mettre en place des programmes de prévention et de prise en charge des personnes homosexuelles. Les mises en prison, les discriminations et les violences ne peuvent qu’éloigner et exclure de manière assassine, les personnes homosexuelles de la gestion de l’épidémie de sida.

Act Up-Paris et ADEFHO demandent aux autorités camerounaises d’endiguer les mouvements de haine à l’encontre des homosexuelLEs, ainsi que des membres de l’association ADEFHO.

Les destructions de vies sous l’impact de déferlements de haine et des privation de droits ; les souffrances humaines dues aux enfermements, aux violences subies du fait de son identité sont universelles. Le respect des droits humains s’inscrit aussi dans une logique universelle.

Luttons contre le sida et pour les droits humains, et non contre les homosexuelLEs !

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