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Amour, Gloire et Beauté pour les LGBT

publié en ligne : 1er juin 2010 dans Action 123

Combien de LGBT pourront faire la guerre aux responsables politiques qui les détestent et pourrissent leurs existence ?

Nous sommes une communauté

Nous avons des différences, en terme d’auto-définition, de générations, de classes sociales, de désirs, de manière de s’affirmer. Certes, tout cela existe, mais nous préférons et éprouvons du plaisir à nous retrouver dans des lieux à nous ; nous avons aussi nos codes, nos références culturelles transversales à nos sexualités minoritaires, nos médias. Et nous avons une histoire marquée de manière douloureuse par des luttes autour d’intérêts communs ; la dépénalisation de l’homosexualité, l’accès aux traitements et à la prévention du sida, la dépsychiatrisation, la lutte pour une visibilité.

Tous ces combats pour améliorer nos existences nous ont rassemblés, face à des gouvernements oppresseurs. En plus d’être une communauté du plaisir, nous sommes senséEs incarner une communauté politique.

Si nous pouvons actuellement nous amuser, danser, baiser dans une certaine tranquillité, c’est grâce aux combats menés pour leurs droits par des générations de pédés, gouines, bi, trans’. Ces combats ont abouti à des victoires, belles, à « l’arrachée » et même amères. Nous avons la possibilité d’en avoir d’autres. Nous devons nous remobiliser autour d’un projet politique et sociétal qui nous convient, cela, en prenant en compte la réalité d’un quotidien qui nous est souvent hostile. Ne laissons pas nos ennemiEs décider de nos vies.

Nous sommes touTEs dans la même catégorie de sous citoyenNES, privéEs de droits par le gouvernement français et attaquéEs de toutes parts.

Les questions d’accès au mariage, à l’adoption, et à la procréation concernent d’une certaine façon, touTEs les lesbiennes, gai, bi et trans’, en tant que communauté politique. Pour des membres de la communauté LGBT, les revendications de mariage, d’adoption et de procréation ne sont pas à la mode, trop peu subversives, et restent « une affaire d’hétéroTEs ». Toute la communauté ne s’entend pas sur la nécessité de pareilles revendications, qui reflètent pourtant un positionnement politique et une lutte solidaire pour l’accès à l’égalité des droits.

CertainEs sont tombéEs dans une lassitude en projetant l’idée d’égalité des droits dans un temps indéfini. Ils/elles pensent : « un jour … peut être, pour toujours, partout. » CertainEs pensent pouvoir convaincre les homophobes qui craignent et haïssent les minorités sexuelles. Et peut-être obtenir d’eux/elles des choses, sait-on jamais…. Quoi ? Des miettes ? Des bonbons qui rendent l’haleine fraîche, l’addition ?

Rappelons-le, la ligne directrice de l’UMP est contraire à l’ouverture de droits aux minorités sexuelles. Le parti en question est au pouvoir, a les moyens de nous octroyer des droits, mais nous maintient sciemment dans la sous-citoyenneté. Les promesses électoralistes de Nicolas Sarkozy concernant les avancées en termes d’égalité des droits ne seront jamais tenues.

Connaissons nos ennemiEs.

Egalité des droits : la prochaine fois le feu ?

Est ce que la communauté ne sait plus où donner de la tête ? Perdue sur le net à découvrir le dernier pédé dans une émission de télé-réalité ? Au club de gym ? À la dernière soirée hype ? Piqûre de rappel :

- Nous n’avons pas de droits en matière de succession, notamment en cas de décès d’un des conjoints malades du sida

- L’adoption et la procréation médicalement assistée ne sont pas ouvertes aux homosexuelLEs

- Nos enfants ne sont pas protégéEs par la loi : en cas de décès d’unE parentEs biologiques, l’enfant ne peut pas, juridiquement, rester à la garde du/de la conjointE survivantE, par qui il/elle a été élevéE et aiméE. Le/la partenaire survivantE ne bénéficie pas de la pension de réversion accessible aux veufVEs d’un couple marié.

- Aucune union légale ne permet à nos conjointEs de bénéficier du droit au séjour en France comme le permet le mariage.

Nous en avons tellement marre d’attendre. Quand est ce qu’on met le feu ? Act Up-Paris sonne la fin de la trève, maintenant. Nous continuons cette lutte pour résister à la majorité des décideurEs politiques homophobes qui abîment nos vies et se taisent face aux inégalités et aux agressions dont nous faisons l’objet.

- De la part de Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat, ancien ministre : « C’est extrêmement réjouissant de savoir que l’on promeut en effet des formes nouvelles de sexualité dans l’école et qu’on combat en même temps la pédophilie… Il y a quand même un moment où il faut savoir sur quelles valeurs on s’arrête… »

- De la part de David Douillet, député UMP, dans un livre paru en 2000 : « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes ».

- De la part de Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP : « Ma famille politique est opposée à l’adoption par les couples homosexuels. La loi ne le permet pas et je ne vois pas pourquoi il faudrait la changer. (...) Je ne suis pas favorable non plus au mariage homosexuel car, derrière, se pose précisément la question de la filiation et de l’adoption par les couples homosexuels. J’estime qu’il est important de poser des repères (…) en l’occurrence un père et une mère. Vouloir conserver des repères stables n’est pas incompatible avec une approche moderne de la société ».

- De la part de Christian Vanneste, député UMP : « l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité » ou « elle est dangereuse pour la survie de l’humanité ».

- De la part de Christine Boutin, présidente du parti chrétien démocrate (PCD), ancienne ministre du logement, à propos du film éducatif sur l’homosexualité, le Baiser de la lune : « Au nom d’une idéologie relativiste poussée à l’extrême, et sous l’impulsion de groupes de pression, ce film idéologique prive les enfants des repères les plus fondamentaux que sont la différence des sexes et la dimension structurante pour chacun de l’altérité ».

- De la part de Michel Guérin, maire de Saran et représentant du Parti Communiste Français, en parlant des homosexuelLEs : « Ca ne me gêne pas qu’ils vivent ensemble mais c’est une fuite en avant par rapport à la race humaine ! » et « Il y a des milliers de femmes qui sont seules, et des milliers d’hommes qui le sont tout autant. On ne va pas me dire qu’ils sont forcés d’être avec le même sexe qu’eux. »

- La justice française cautionne même l’homophobie de responsables politiques :

Nous, les pauvresses du PaCS

Nous nous sommes battuEs pour le PaCS, car trop de pédés étaient jetéEs du domicile conjugal par la famille de leur conjoint mort du sida. Cela, sans aucune protection liée à la reconnaissance du couple, sans aucune possibilité de transmission de biens des conjointEs survivantEs.

Nous pensions le PaCS comme un contrat qui permettrait une vraie reconnaissance juridique de nos unions, et nous assurerait une protection légale, en matière de succession. Résultat ? Dix ans après sa promulgation, par manque de courage politique des décideurEs, le PaCS est une victoire amère, une victoire de façade.

Cette situation ne nous satisfait pas, le PaCS n’est qu’un sous-contrat d’union qui présente d’indéniables imperfections face à nos attentes et à nos besoins. Il n’est pas étonnant que 94 % des pacséEs soient hétérosexuelLEs : pour ceux et celles qui ont accès à toutes les formes d’union, le PaCS tient lieu de fiançailles, de phase test.

Pour nous homosexueLEs, il n’y a que le « choix » du PaCS et de ses insuffisances. Non seulement le PaCS ne répond pas à nos besoins, mais il nous prive du droit de fonder une famille et ne garantit pas à nos conjointEs non-européenNEs un droit au séjour sur le territoire français, alors que le mariage le permet.

Les politiques prônent l’inégalité des droits, l’homophobie tue.

Récemment, Christine Boutin, a lancé un appel visant à interdire la diffusion d’un film éducatif sur l’homosexualité, Le Baiser de la Lune. Deux membres du gouvernement, Nadine Morano et Luc Chatel ont répondu favorablement à cet appel.

Quelque soit leur parti, on ne compte plus les politiques qui profèrent des insultes passibles de condamnations (Vanneste, Guérin, Longuet, etc.) et les hypocrites (Boutin, Bertrand, Sarkozy etc…) qui distillent sans arrêt une homophobie qui ne dit pas son nom en empêchant toute évolution de notre situation.

Des parlementaires de droite, réputéEs pour leur haine des lesbiennes, gai, bi, trans’, cherchent même à réviser la loi de 1966 (article 343-1 du Code civil), qui permet l’adoption aux célibataires.

Ils/Elles projètent de réserver l’adoption aux couples mariés, notamment pour éviter qu’unE LGBT célibataire puisse adopter. Ainsi pour le député UMP, Christian Vanneste : « Avoir un enfant est un projet de couple, un enfant a besoin d’un père et d’une mère pour s’épanouir ».

Ces réactions ont fait suite à la décision d’un tribunal qui a autorisé l’obtention d’un agrément d’adoption au titre de célibataire, à une lesbienne en couple.

Le projet de loi sur le “statut du beau-parent”, qui n’était qu’un leurre juridique, ne verra jamais le jour.

Pour ne pas céder sur le mariage entre personnes du même sexe, la droite a apporté au PaCS quelques micro améliorations, notamment fiscales, mais toujours pas l’ouverture automatique du droit à un titre de séjour. Pendant ce temps, nos couples sont reconnus lorsqu’il s’agit de prendre en compte les ressources de nos amantEs, « partenaires d’union libre », et de diminuer en conséquence nos minima sociaux. Pendant ce temps, des familles homoparentales existent, et l’existence juridique de leurs enfants est niée.

Les responsables politiques privent nos familles de droits, au nom de l’idée qu’ils et elles se font « intérêt de l’enfant ».

Le nombre de témoignages d’agressions physiques homophobes recensé par l’association SOS homophobie est passé de 61 en 2008 à 80 en 2010. Le taux de suicide est beaucoup plus élevé chez les jeunes LGBT, des agressions homophobes, lesbophobes et transphobes sont commis pendant nos rassemblements... Les gouvernantEs s’empressent de réagir au moindre fait divers, et continuent d’ignorer toutes ces agressions. Nous ne supportons plus d’être ignoréEs par leur indignation sélective.

Ne nous laissons pas atteindre, protégeons nous, préservons nous, ne soyons pas les mortES de leur haine.

Regardons ce gouvernement. Vous êtes leur électorat, nous sommes toujours discriminéEs. Lesbiennes, Gai, Bi, Trans, réveillons-nous !

Act Up-Paris exige du gouvernement :
- La reconnaissance du couple homosexuel
- L’égalité des droits pour les couples homosexuels
- Le droit au mariage civil pour les couples de même sexe
- L’accès à la procréation médicalement assistée et à l’adoption pour les homosexuelLEs et transexuelLEs
- Une lutte effective contre les discriminations liées au sexe et à la sexualité.

N’hésitez pas à nous contacter.

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