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Vienne : la ministre de la Santé est venue flouer les associations

Roselyne Bachelot-Narquin se réfugie derrière ses experts et n’annonce au final pas grand chose

publié en ligne : 19 juillet 2010

A Vienne, Roselyne Bachelot-Narquin a annoncé vouloir aboutir à des projets de centres de consommation supervisés. Elle a par ailleurs prôné l’extension du dépistage aux non-médecins. A nos questions sur l’éventualité d’un nouveau droit d’entrée à l’AME, elle n’a rien à répondre, ne connaissant visiblement pas le dossier. Sur les conséquences dramatiques de ses franchises médicales et de sa hausse du forfait hospitalier non plus.

Mascarade viennoise

La ministre française de la Santé a rencontré cet après-midi les associations, dont Act Up-Paris, à la conférence mondiale. Elle a alors pris deux engagements forts : élargir le dépistage au-delà du corps médical et lancer l’expérimentation de « centres de consommation de drogues supervisés », en partenariat entre l’État et les collectivités locales.

Ce soir, lors d’une conférence de presse, elle n’a annoncé qu’un succédané de ce second engagement : une « concertation pour aboutir à des projets consensuel de centre de consommations » supervisé. La ministre se fout donc ouvertement des associations de lutte contre le sida. Nous n’avons plus besoin sur ce dossier de rapports et d’études, nous avons besoin d’actes. Et c’est urgent.

Aide Médicale d’État : un nouveau coup bas, même pas assumé.

Interrogée sur son le projet d’instauration d’un droit d’entrée - qui pourrait s’élever à 30 euros - à l’Aide Médicale d’Etat (AME), Roselyne Bachelot-Narquin prétend ne pas faire payer les malades précaires. Elle doit donc immédiatement retirer ce projet. L’AME est un dispositif d’accès aux soins pour les personnes en situation irrégulière qui gagnent moins de 610 euros par mois. Se rend-elle compte de ce que cela signifie ?

Alors que la proportion des dépenses de l’AME pour les séropositifVEs a augmenté l’année passée de 27%, alors que le retard aux soins pour les sans-papierEs augmente constamment du fait d’un contexte de plus en plus répressif, ce projet condamne les personnes à retarder leurs soins faute de moyens. Elles se soigneront une fois qu’elles seront plus malades, cela coutera plus cher et les sans-papierEs mourront plus tôt. Pour Roselyne Bachelot-Narquin, la vie d’unE sans-papierE n’est donc qu’une variable d’ajustement politique.

Roselyne Bachelot-Narquin aurait pu être la ministre de la Santé qui met en place les salles de consommation de drogues à moindre risques. Elle sera la ministre de la Santé des franchises médicales et du démantèlement de l’hôpital public.



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