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Existrans 2009

Sida : les trans en première ligne

publié en ligne : 10 octobre 2009

 

En Italie les premières études de séroprévalence au VIH chez les trans remontent à 1991. Aux USA c’est 1992. En France, les spécialistes autoproclaméEs de la question se sont bien gardéEs d’écrire la moindre ligne à ce sujet. On n’entend parler de VIH/sida que lorsque des personnes sont refusées par les équipes hospitalières pour cause de séropositivité. Les mêmes psys des parcours protocolaires hospitaliers qui refusent aux trans la libre disposition de leur corps et de leur identité pour protéger « celles et ceux qui regretteraient ensuite » n’ont pas eu la même sollicitude devant ce taux ahurissant de séroprévalence.

En France, à ce jour aucune étude épidémiologique n’a cherché à mesurer ce taux de séroprévalence... Mais nous connaissons d’autres chiffres. Aux USA la prévalence est de 30% pour les MtF, avec des pics de 70% chez les trans prostituées de couleur . Aucune raison pour qu’ils soient différents en France.

La séroprévalence est élevée parce qu’il n’y a aucune prévention spécialisé, en dehors de celles menées par les trans. Les trans MtF prostituées sont précarisées par la Loi de Sécurité Intérieure qui les pousse à se cacher pour ne pas subir les arrestations massives et expulsions du territoire. Chassée de la ville, elles ont plus de difficultés à imposer le préservatif et à se défendre des violences. La séroprévalence est élevée parce que tout concourt à une précarisation des trans, des problèmes d’accès à l’emploi à l’échec scolaire : les procédures de changement d’état-civil durent des années, et imposent une stérilisation obligatoire. La transphobie dans le monde du travail n’est pas reconnue, d’autant que la transphobie n’existe pas comme discrimination au regard de la loi de 2004. Enfin, la séroprévalence est élevée parce que le système de santé français est un système qui exclut les trans : les équipes hospitalières voient leurs trans comme un vaste casting dont les homos, les séropos, les personnes mariées ou prostituèEs etc. sont excluEs.

Un seul chiffre : sur une file active de l’hôpital Ambroise Paré constituée de MtF prostituées, plus deux tiers sont séropositives !

Le Ministère de la Santé annonce des changements d’ALD ; désormais les trans ne sont plus des malades mentaux (ALD 23), mais pour autant, devront toujours voir un psy pour pouvoir entamer un parcours de transition. Pendant ce temps, la HAS préconise de grandes structures nationales où l’on évite que les trans refuséEs par une équipe ne se présentent aux portes d’une autre, pour rendre plus difficile le passage par des médecins libéraux, et une « expérience de vie réelle ». Cette dernière recommandation prouve une ignorance crasse du vécu des trans : une transition se fait pas à pas sinon ce sont les insultes et potentiellement se faire exclure de son emploi...

Que peuvent attendre les trans d’un tel système de santé ? Pas grand chose ; et en attendant l’épidémie se porte bien !

Act Up-Paris exige :
- une étude épidémiologique sur la santé des trans,
- des campagnes de prévention dirigées vers les trans et leurs partenaires,
- des études cliniques sur l’hormonothérapie et les interactions avec le VIH et les anti rétro-viraux,
- une dépsychiatrisation dans les faits,
- que le genre choisi apparaisse sur tous les papiers, d’identité et de la vie quotidienne,
- une étude sur les discriminations dans le travail, à l’école, dans la vie quotidienne,
- que la transphobie soit légalement reconnue comme discrimination,
- l’arrêt de la répression dont sont victimes les prostituéEs.

 
 

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