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Pour une trans’ seropo être à Act Up c’est comme un booster sur un traitement

publié en ligne : juin 2009 dans Action 118

La commission trans’ d’Act Up-Paris a été crée il y a sept ans par une femme trans’ séropositive et un garçon trans’ seroneg, touTEs deux membres d’Act Up-Paris depuis des années.

Act Up avait déjà participé à des actions en faveur des trans’ mais c’est la lecture d’une étude américaine évaluant à 30% la séroprévalence au VIH des femmes trans’ américaine qui nous a remobilisé : nos carnets d’adresses corroboraient cette étude.

Nos premières actions ont été faites avec le Groupe Activiste Trans (GAT) et dirigés contre des psys transphobes. Mme Mercader a été zappée à la cité des sciences ("il n’y a pas plus de droit à la transsexualité que de droit au suicide”), Mme Chiland à son domicile (“la réponse folle à une question folle”). Un séminaire de psys sur le transsexualisme, où les transsexuelLEs elles et eux-même étaient interditEs a été interrompu par une action conjointe avec le GAT. En liaison avec le PASTT, nous avons dénoncé un documentaire bidon sur les trans’ migrantes travailleuses du sexe donnant la parole à des policiers corrompus.

Nous avons zappé M6 en 1999, au lendemain de la diffusion d’un zone interdite particulièrement discriminant et méprisants. Nous avons zappé la Sécurité Sociale, et commencé le travail avec les autorités de santé.

Depuis 2001, nous avons pris part régulièrement à l’Existrans, la marche des trans et des intersexe dont l’avant dernier slogan était “psychiatriséEs-DiscriminéEs-ContaminéEs”. A l’occasion d’un atelier aux UEEH de Marseille nous avons rédigé un texte “la communauté du silence”, le premier écrit sur le sujet en France.

Il y a trois ans une Répi d’Act Up a été consacrée aux tran’s & VIH : la première réunion publique sur ce thème en France. A l’occasion de cette journée Nicolas Hascher, un endocrinologue a rédigé un texte sur les interactions des antirétroviraux et des hormonothérapies, article qui a été repris dans le rapport Yeni : le premier texte écrit à notre connaissance sur le sujet dans le monde.

Un an après avec le CRIPS nous avons co-produit toute une journée de conférence sur le thème : « personnes trans’ : quels enjeux pour la santé ? ». C’est la première fois qu’une institution publique prenait ce sujet à bras le corps.

En participant à l’élaboration de l’enquête de Mme Kayigan d’Almeida Wilson « TranssexuelLEs : conditions et style de vie, santé perçue et comportements sexuels » nous bousculons quelques préjugés et stéréotypes sur la question. Nous avons participé à l’étude de la HAS -même si les résultats ne nous plaisent pas beaucoup, à l’étude de HES et du MAG sur les jeunes trans’... Nous sommes présentEs dans les discussions dans les ministères. Pour les droits des trans, pour qu’on n’oublie pas la question du sida.

Nous réclamons et continuons à travailler pour obtenir :

- la dépsychiatrisation des trans’, c’est-à-dire la liberté de faire une transition dans des conditions décentes, sans être soumisE au bon vouloir d’unE psychiatre,

- l’intégration de la transphobie à la liste des discriminations reconnues par la HALDE, et une enquête sur la transphobie,

- une réelle concertation associative autour du rapport de la HAS,

- une étude épidémiologique de la prévalence du VIH chez les trans’.

- une étude clinique sur l’interaction entre les hormones de substitution et les antirétroviraux

- la simplification et l’humanisation des procédures de changement d’état civil.

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