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Appel à la dépénalisation de l’homosexualité à l’ONU : pas de quoi pavoiser à Paris

publié en ligne : 19 décembre 2008

Une déclaration pour la dépénalisation de l’homosexualité a été présentée le 18 décembre à l’ONU, à l’initiative, entre autres, de Rama Yade. Pour Act Up-Paris, cet engagement de la secrétaire d’état aux droits de l’homme - aussi louable soit-il - ne doit faire oublier l’inaction du gouvernement français en termes de droits humains, ni sa propre homophobie tandis qu’il s’oppose toujours à l’égalité des droits.

Ce jeudi 18 décembre, 66 pays ont lancé aux Nations Unies un appel à la dépénalisation universelle de l’homosexualité. Rama Yade, qui en est l’une des inspiratrices, en fait un élément phare de son mandat. Si nous nous réjouissons de cette inscription à l’ordre du jour à l’ONU des droits des LGBT, elle ne nous fait pas oublier que le gouvernement français s’assoie allègrement sur ces grands principes lorsqu’il s’agit de parler business avec des pays à pratiques ou législations homophobes. La liste en est longue, citons par exemple l’invitation par Nicolas Sarkozy le 14 juillet dernier de nombreux chefs d’État réputés pour leur homophobie d’État, sans un mot pour les LGBT persécutés, ou encore l’accueil en grandes pompes de Benoît XVI(Le Vatican est un des plus fervents opposants à cette déclaration à l’ONU). Les récentes déclarations de Bernard Kouchner sur la contradiction entre les Droits de l’Homme et la politique étrangère du gouvernement illustrent bien que pour la France la vie d’un pédé ou d’une gouine passe après la politique économique et commerciale.

De même, cette déclaration – qui n’engage que ses 66 signataires et n’a pas de caractère contraignant – ne doit pas nous faire oublier que la France ne reconnaît toujours pas les mêmes droits aux homosexuels qu’aux hétérosexuels, puisque les LGBT n’y ont pas accès ni au mariage ni à la filiation. Rappelons donc, une fois de plus, au gouvernement français que l’homophobie tue aussi en France, qu’être considéré comme inférieur parce que pas digne des mêmes droits conduit à la mésestime de soi, et potentiellement à avoir des pratiques sexuelles à risques. Le taux de suicide particulièrement élevé chez les jeunes homos est à ce titre révélateur de la persistance de l’homophobie en France. Cette homophobie est aujourd’hui entretenue par le gouvernement. Les discriminations et attaques verbales à l’encontre des LGBT demeurent et restent impunies. La justice française a très récemment prouvé son homophobie en innocentant le député Christian Vanneste. Au nom de la liberté d’expression, la justice française décide de ne pas condamner des propos qui placent les LGBT comme inférieurs aux hétérosexuels. sans qu’aucun membre du gouverment ne s’en émeuve. D’ailleurs, lorsque le député (UMP) du Nord avait été condamnée par la Cour d’appel de Douai le 26 janvier 2007 pour propos injurieux et qu’il avait réitéré ses propos discriminatoires, son investiture a été soutenue par Nicolas Sarkozy, contrairement à sa promesse de l’exclure du parti en cas de récidive.

En France, des LGBT originaires de pays qui pénalisent l’homosexualité ou qui persécutent les homosexuels sont régulièrement renvoyés dans des pays où leurs vies sont en danger. L’OFPRA n’a toujours pas effectué la refonte de la liste des pays « sûrs ». Y figurent notamment le Sénégal et l’Inde, pays à législations et pratiques notoirement homophobes.

La France se veut pionnière en matière de lutte contre l’homophobie. Qu’elle commence par balayer devant sa porte : la loi française interdit aux LGBT de se marier et d’élever des enfants car celle-ci considère que les couples homosexuels ne peuvent être égaux aux couples hétérosexuels.

Act Up-Paris exige du chef de l’État et du gouvernement français :
- l’égalité des droits : l’ouverture du mariage et de l’adoption aux lesbiennes, gais, bi et trans ;
- la reconnaissance du droit d’asile en France aux LGBT persécutéEs dans leur pays d’origine en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre et la reconnaissance de leur statut de réfugié en vertu de la Convention de Genève, du 28 juillet 1951 ;
- la condamnation systématique de l’homophobie des chefs d’État reçus ou visités par Nicolas Sarkozy.

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