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Journée mondiale de lutte contre le sida

sida : prévenir, ne pas punir

NON à la pénalisation de la transmission du VIH

publié en ligne : 1er décembre 2008

A l’occasion du 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, Act Up-Paris lance une campagne contre la pénalisation de la transmission du VIH.

- Une campagne d’affichage : « PRÉVENIR, NE PAS PUNIR »
- Une manifestation : lundi 1er décembre - 18h30 - Bastille (les photos ; la vidéo).
- Une Réunion Publique d’Information (RéPI) : mercredi 17 décembre - 19h - Centre Wallonie-Bruxelles

- Des images sont disponibles ici.

Les procès pour contamination par le VIH se multiplient, en France et dans le monde. La lutte contre le sida n’a pourtant rien à y gagner.

Pour Marjolaine Dégremont, présidente d’Act Up-Paris : « La pénalisation ne peut que freiner le recours au dépistage, marginaliser encore davantage les séropositifVEs et donc, à terme, engendrer plus de contaminations. »

D’une façon générale, nous ne pensons pas que le drame d’une contamination doive se régler devant la justice. Ce qui s’exprime là nous semble en revanche révélateur des ignorances en matière de prévention et des manques flagrants des campagnes de prévention du VIH, seules à même de pouvoir endiguer l’épidémie.

D’ici le 1er décembre, nous étayerons notre opposition à la pénalisation de la transmission du VIH par voie sexuelle en développant les thèmes suivants :

- La notion de responsabilité partagée et les carences de la prévention. Il n’y a ni victime, ni coupable lors de la transmission du sida. Il y a un virus qu’il faut combattre. Dans une relation sexuelle consentie, la responsabilité de la prévention est partagée : elle revient également à touTEs les partenaires, quel que soit leur statut sérologique. Les campagnes de prévention sont inadaptées et insuffisantes.

- La situation juridique en France. La jurisprudence. Les plaintes, au civil, au pénal. En France, la transmission du VIH n’est pas un délit. Pour autant, une dizaine de personnes sont en prison, accusées ou condamnées pour « tentative d’empoisonnement », « mise en danger de la vie d’autrui » ou « administration d’une substance nuisible entraînant une infirmité à vie ».

- L’état de la criminalisation dans le monde et ses répercussions en santé publique. Aux Etats-Unis, 32 États criminalisent la transmission du VIH. Certains pays criminalisent même l’exposition au VIH sans transmission (Bénin, Canada, Suède, Suisse). Les mères qui accouchent d’enfants séropositifs peuvent également se retrouver derrière les barreaux dans certains pays (Guinée, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sierra Leone).

- Les conditions sanitaires en rétention : mettre les séropos en prison ne réglera rien. La situation des prisons est notoirement connue pour être incompatible avec l’accès aux soins et aux traitements dont une personne séropositive a besoin. Malgré un contexte de forte prévalence du VIH et du VHC, les points d’accès aux préservatifs y sont insuffisants, ne garantissent pas la confidentialité et ne sont jamais associés au gel à base d’eau.

- Les tests génotypiques : peut-on vraiment prouver qui a contaminé qui ? L’utilisation de tests génotypiques dans les affaires judiciaires pour tenter de déterminer si l’accuséE est à l’origine de la contamination du/ de la plaignantE est sujette à caution tant le virus est complexe.

Mettre les séropos en prison ne protège pas du sida. Pour relancer la lutte contre l’épidémie, il faut en revanche renforcer les campagnes de prévention ainsi que les mesures pour lutter contre la discrimination, l’exclusion et la stigmatisation des personnes séropositives.



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