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Non à l’Euroméditerranée de l’homophobie !

Des militantEs d’Act Up-Paris interpelléEs ce matin devant l’ambassade de Syrie

publié en ligne : 14 juillet 2008

Ce matin, une quinzaine de militantEs d’Act Up-Paris ont manifesté devant l’ambassade de Syrie pour dénoncer l’homophobie régnant dans ce pays ainsi que dans la plupart des États de l’Euroméditerrannée invités au défilé du 14 juillet par Nicolas Sarkozy. Nous voulions exprimer notre colère devant toutes les ambassades de ces pays. Nous en avons été physiquement empêchéEs dès l’ambassade de Syrie, à savoir dès la première étape de ce parcours de dénonciation de la honte. Décidément, la seule réponse de Nicolas Sarkozy et de Rama Yade par rapport à la dénonciation de l’homophobie, c’est le silence, l’intimidation policière et le mépris.

La plupart des États invités par la France dans le cadre l’Union pour la Méditerranée au sommet du 13 juillet puis au défilé militaire du 14 juillet répriment l’homosexualité [1].

- En Syrie, l’homosexualité est passible d’une peine de 3 ans de prison ;

- En Égypte, des rafles ont lieu régulièrement, à l’issue desquelles des hommes sont emprisonnés et jugés arbitrairement pour leur séropositivité et/ou leur homosexualité - réelle ou supposée ;

- En Turquie, les violations des droits des LGBT sont fréquentes. Le 29 mai dernier encore, Lambdaistanbul, la seule association LGBT de la plus grande ville de Turquie, a été interdite par la justice ;

- En Algérie, au Liban, en Mauritanie, en Libye, au Maroc, en Tunisie, les LGBT risquent des peines de prisons, voire leur vie.

Que font et que disent Nicolas Sarkozy et Rama Yade ? Rien. Pas un mot à Bachar el-Assad, pas un mot à Hosni Moubarak, pas un mot à Tayyip Erdogan, pas un mot à tous les autres chefs d’États homophobes. Rama Yade et Nicolas Sarkozy n’ont jamais pris position contre les discriminations d’État à l’encontre des homosexuelLEs dans ces pays. Ils cautionnent donc l’homophobie d’État. Or, le 17 mai dernier, lors de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, Rama Yade s’était engagée, au nom du gouvernement français, à ce que le Président Sarkozy condamne les discriminations faites aux lesbiennes gais bis et trans dans le cadre de ses déplacements officiels à l’étranger. Dans cette logique, il aurait également dû tenir cet engagement avec ses invités officiels des 13 et 14 juillet.

Après plus de 25 ans d’épidémie de sida, ce silence des autorités françaises face à la répression de l’homosexualité est d’autant plus insupportable que l’homophobie - en plus d’être une atteinte aux droits humains - constitue une réelle entrave à la prévention du VIH.

Act Up-Paris exige
- la libération immédiate de ses militantEs interpelléEs ;
- la condamnation officielle par Nicolas Sarkozy et Rama Yade de l’homophobie en général et de celle pratiquée dans leurs pays par leurs invités en grandes pompes à Paris, dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée.

Notes

[1] Algérie, Égypte, Liban, Libye, Maroc, Syrie, Tunisie font partie des États répertoriés par l’ILGA pour leur homophobie d’État

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